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L’épigénétique et l’identification des biomarqueurs du cancer colorectal

L’épigénétique et l’identification des biomarqueurs du cancer colorectal

Au Canada, le dépistage du cancer colorectal peut être effectué au moyen des tests RSOS et TIRSOS (http://www.colorectal-cancer.ca/fr/depistage/depistage-actuel/). Toutefois, puisque l’exactitude diagnostique de ces tests est sous-optimale, les chercheurs étudient présentement d’autres options non effractives visant à dépister le cancer colorectal en temps opportun. Les scientifiques ont déterminé que pour de nombreux cas de cancer à un stade précoce, incluant le cancer colorectal, les modifications épigénétiques sont beaucoup plus fréquentes que les mutations génétiques. C’est pourquoi on étudie actuellement la méthylation de l’ADN, les ARN non codants et les modifications des histones afin d’identifier les marqueurs potentiels qui permettront de poser un diagnostic ou un pronostic dans un contexte de cancer colorectal.

Les biomarqueurs de la méthylation de l’ADN

La communauté scientifique se penche actuellement sur les marqueurs présents dans le sang, les selles, la salive et l’urine. Plus particulièrement, la méthylation de l’ADN fait l’objet de nombreuses recherches, et certains groupes ont présenté une sensibilité de 90 à 95 %, avec une spécificité allant de 85 à 94 % pour certains des biomarqueurs du cancer colorectal. Certains gènes ont été identifiés comme étant des marqueurs prometteurs : c’est le cas notamment de l’isoforme de la pyruvate kinase de type M2 (PKM2) spécifique aux tumeurs, des inhibiteurs de l’activité des métalloprotéases matricielles (TIMP-1), de la vimentine (VIM) et de la septine 9 (SEPT9). La méthylation de l’ADN est également étudiée pour ses biomarqueurs pronostiques et ses marqueurs de prédiction de la réponse au traitement. En particulier, les cancers présentant un phénotype méthylateur CIMP sont fortement associés à un pronostic général défavorable, mais semblent bien réagir à la chimiothérapie adjuvante à base de 5-fluorouracile. Le facteur de transcription AP2 epsilon (TFAP2E) semble également prédire une réaction à la chimiothérapie à base de 5-fluorouracile.

Les biomarqueurs des modifications des histones

Les biomarqueurs diagnostiques et pronostiques des modifications des histones ont été beaucoup moins étudiés pour le moment, notamment en raison des limites techniques qu’imposent les analyses employées pour la caractérisation de la structure de la chromatine. Certaines études ont démontré que l’acétylation de la lysine 56 de l’histone H3 et la bi- ou tri-méthylation des lysines 9 et 27 de l’histone H3 seraient potentiellement des marqueurs pronostiques du cancer colorectal. Pour le moment, ces résultats ne sont que préliminaires et seront sans doute explorés plus en profondeur grâce aux nouveaux outils bioinformatiques et à l’optimisation des technologies de séquençage de nouvelle génération.

Les biomarqueurs des ARN non codants

En revanche, les ARN non codants, et en particulier les microARN, ont suscité un grand intérêt dans la communauté scientifique. Les biomarqueurs du sang et des selles ont été étudiés, et de nombreux candidats, notamment miR-21, miR-92a, miR17-3p ou miR-106a apparaissent comme des marqueurs diagnostiques potentiels. MiR-21 a également été associée à un faible taux de survie des patients, et de nombreux autres microARN ont été proposés comme marqueurs pronostiques. Au fil de l’avancement de la recherche, les scientifiques espèrent concevoir un panel de biomarqueurs qui permettra de détecter fidèlement les stades les plus précoces du cancer colorectal et d’établir un pronostic précis.

L’épigénétique nous a offert de nouveaux outils pour mieux comprendre les causes complexes du cancer colorectal. Alors que la communauté scientifique continue d’élucider les mécanismes en jeu, on découvre des biomarqueurs épigénétiques qui permettront de diagnostiquer le cancer colorectal, de le classifier et d’établir un pronostic juste. Des recherches poussées portant sur ces biomarqueurs nous permettront sans doute de mettre au point des analyses hautement performantes pour mieux prévenir le cancer colorectal et assurer une meilleure prise en charge des patients.

http://www.genengnews.com/gen-news-highlights/pan-cancer-epigenetic-signature-readable-in-circulating-tumor-dna/81252334

Références :

  • Mitchell, S.M., Ho, T., Brown, G.S., Baker, R.T., Thomas, M.L., McEvoy, A., Xu, Z.-Z., Ross, J.P., Lockett, T.J., Young, G.P., LaPointe, L.C., Pedersen, S.K., Molloy, P.L. Evaluation of Methylation Biomarkers for Detection of Circulating Tumor DNA and Application to Colorectal Cancer, 2016, « Genes (Basel) », vol 7. doi:10.3390/genes7120125
  • Okugawa, Y., Grady, W.M., Goel, A. Epigenetic Alterations in Colorectal Cancer: Emerging Biomarkers, 2015, « Gastroenterology », vol. 149, p. 1204–1225.e12. doi:10.1053/j.gastro.2015.07.011
  • Rozalski, R., Gackowski, D., Siomek-Gorecka, A., Banaszkiewicz, Z., Olinski, R. Urinary Measurement of Epigenetic DNA Modifications: A Non-Invasive Assessment of the Whole-Body Epigenetic Status in Healthy Subjects and Colorectal Cancer Patients, 2016, « ChemistryOpen », vol 5, p. 550–553, doi:10.1002/open.201600103.
  • Sameer, A.S., Nissar, S. Epigenetics in diagnosis of colorectal cancer, 2016, « Mol Biol Res Commun », vol. 5, p. 49–57.
  • Sazanov, A.A., Kiselyova, E.V., Zakharenko, A.A., Romanov, M.N., Zaraysky, M.I. Plasma and saliva miR-21 expression in colorectal cancer patients, 2016, « J. Appl. Genet. ». doi:10.1007/s13353-016-0379-9

 

 

Comprendre la relation entre l’épigénétique et le cancer colorectal

Comprendre la relation entre l’épigénétique et le cancer colorectal

 

Vaiopoulos, A.G., Athanasoula, K.C., Papavassiliou, A.G., 2014. Epigenetic modifications in colorectal cancer: Molecular insights and therapeutic challenges. Biochimica et Biophysica Acta (BBA) – Molecular Basis of Disease 1842, 971–980. doi:10.1016/j.bbadis.2014.02.006

Si nous nous représentions le génome comme les mots d’un livre, l’épigénétique serait les signes de ponctuation et les accents qui indiquent comment lire chaque phrase. La régulation épigénétique réfère aux mécanismes héréditaires et réversibles qui modulent l’expression génétique sans altérer la séquence d’ADN sous-jacente. Parmi les mécanismes épigénétiques, on retrouve la méthylation de l’ADN, les ARN non codants, les remodeleurs de la chromatine et les modifications post-traductionnelles des histones, qui jouent un rôle clé dans le fonctionnement normal des cellules. Dans un contexte de cancer, les altérations génétiques et épigénétiques sont reliées entre elles et peuvent contribuer à activer les oncogènes ou à inactiver les gènes suppresseurs de tumeurs. Depuis le début des années 2000, en ce qui concerne le cancer colorectal, l’étude des mécanismes épigénétiques qui modulent la pathogenèse est au cœur des travaux de la communauté scientifique. De nombreuses aberrations potentielles ont été relevées, mais ces mécanismes, tout comme les mutations génétiques, ne peuvent expliquer à eux seuls le développement du cancer colorectal.

La méthylation de l’ADN et le cancer colorectal

La méthylation de l’ADN désigne l’addition d’un groupement méthyle sur un nucléotide, généralement sur une cytosine dans un contexte CG. Lorsque présente dans un îlot CpG, on dénote une forte corrélation avec la répression de l’expression du gène voisin. Des recherches ont permis de constater une hypométhylation génomique globale, particulièrement dans les cas d’instabilité chromosomique (CIN) associée au cancer colorectal, ainsi qu’une hyperméthylation locale des régions promotrices de gènes spécifiques, comme les gènes APC, cadhérine-1 (CDH1), facteur de transcription RUNX3, mutL homolog 1 (MLH1), 6-O-méthylguanine-ADN méthyltransférase (MGMT), inhibiteur de kinase cycline-dépendante 2A (CDKN2A) et RASSF1A.

La modification des histones et le cancer colorectal

Les modifications post-traductionnelles des histones sont un autre mécanisme épigénétique. Elles consistent en l’ajout d’un groupement méthyle, acétyle, ubiquitine ou phosphate aux protéines qui composent les nucléosomes. Ces modifications régulent le niveau de compactage de l’ADN dans le noyau et recrutent diverses protéines impliquées dans l’activation ou l’inactivation de l’expression génétique. Dans les cas du cancer colorectal, de nombreux gènes d’encodage des protéines responsables de la modification des histones sont déréglés, ce qui influence le paysage épigénomique de la cellule. Par exemple, l’histone-déacétylase 2 (HDAC2) est régulée à la hausse dès les premières étapes du cancer colorectal. On a également décelé une régulation à la hausse de HDAC1-3, 5 et 7 dans le contexte du cancer colorectal. La dérégulation de la déméthylase-1 spécifique de la lysine (LSD1), qui interagit avec le gène suppresseur de tumeurs p53, semble également favoriser la prolifération, l’invasion et le potentiel métastatique des cellules liées au cancer colorectal.

Les ARN non codants et le cancer colorectal

Les ARN non codants sont un autre type de mécanisme épigénétique qui peut moduler l’expression génétique dans le contexte du cancer colorectal. Ils comprennent les microARN et les longs ARN non codants. Par exemple, la famille des microARN 200 est reconnue pour son implication dans l’invasion et la migration des cellules cancéreuses; l’ARN antisens intergénique de HOX (HOTAIR) a été associé au cancer colorectal avancé et à une croissance du potentiel métastatique des cellules cancéreuses.

À l’heure actuelle, l’épigénétique est encore un champ de recherche relativement jeune. En cherchant à élucider les causes du cancer colorectal, les scientifiques découvrent de nouveaux mécanismes qui pourraient entrer en jeu. Mieux comprendre le contexte épigénétique lié au cancer colorectal pourra éventuellement ouvrir la porte à la création de traitements et à l’identification de nouveaux biomarqueurs, alors restez à l’affût!

Références :

  • Bardhan, K., Liu, K. Epigenetics and Colorectal Cancer Pathogenesis, 2013, « Cancers (Basel) », vol. 5, p. 676–713. doi:10.3390/cancers5020676
  • Sameer, A.S., Nissar, S. Epigenetics in diagnosis of colorectal cancer, 2016, « Mol Biol Res Commun », vol. 5, p. 49–57.
  • Sazanov, A.A., Kiselyova, E.V., Zakharenko, A.A., Romanov, M.N., Zaraysky, M.I. Plasma and saliva miR-21 expression in colorectal cancer patients, 2016, « J. Appl. Genet. ». doi:10.1007/s13353-016-0379-9
  • Vaiopoulos, A.G., Athanasoula, K.C., Papavassiliou, A.G. Epigenetic modifications in colorectal cancer: Molecular insights and therapeutic challenges, 2014, « Biochimica et Biophysica Acta (BBA) – Molecular Basis of Disease »,1842, p. 971–980. doi:10.1016/j.bbadis.2014.02.006

 

Sommaire des statistiques de cancer colorectal 2012

Sommaire des statistiques de cancer colorectal 2012

Tendance en matière de cancer colorectal

Le taux d’incidence du cancer colorectal entre 1983 et 2000 a été relativement stable chez les hommes et a légèrement diminué chez les femmes. Chez les deux sexes, le taux d’incidence a significativement diminué depuis 2000 (0,8 % par année).

Entre 2001 et 2007 chez les hommes et entre 1998 et 2007 chez les femmes, le taux de mortalité générale a significativement diminué. Les taux ont baissé en moyenne de 2 % par année depuis 2003 chez les hommes. Chez les deux sexes confondus, le cancer colorectal est le troisième cancer le plus répandu, soit à 13 %.

Les Taux de mortalité continus de diminuer chez les deux sexes à 2,6 % par année chez les hommes depuis 2003 et à 1,8 % par année chez les femmes depuis 1998. Le cancer colorectal a un impact significatif sur la mortalité chez les deux sexes confondus, avec 12 % de tous les décès attendus par cancer.

Le dépistage peut réduire le taux d’incidence et la mortalité liée au cancer colorectal (en détectant et en retirant les polypes précancéreux). Le dépistage est déjà en vigueur dans plusieurs provinces, ce qui pourrait être, partiellement la cause d’un déclin de la mortalité. Par contre, les taux de dépistage demeurent faibles. Toutes les provinces ont annoncé ou ont commencé à mettre en oeuvre des programmes de dépistage organisés.

 

Statistiques canadiennes étendues 2012

Cette année, l’on estime que 23 300 Canadiens (13 000 hommes et 10 300 femmes) recevront un diagnostic de cancer colorectal et 9 200 (5 000 hommes et 4 200 femmes) en mourront.

En moyenne, 448 Canadiens recevront un diagnostic de cancer colorectal chaque semaine et 176 en mourront chaque semaine.

Le plus haut taux d’incidence chez les hommes et les femmes se trouve à Terre-Neuve et Labrador. Chez les femmes, l’on retrouve aussi des taux élevés à l’Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. Le taux le plus bas pour les deux sexes se trouve en Colombie-Britannique.

Statistiques provinciales 2012 de cancer colorectal

Alberta

1930 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (1100 hommes et 830 femmes).

720 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (390 hommes et 330 femmes).

Colombie-Britannique

2850 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (1600 hommes et 1250 femmes).

1150 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (630 hommes et 520 femmes).

Manitoba

870 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (490 hommes et 380 femmes).

330 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (180 men and 150 women).

Nouveau Brunswick

590 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (340 hommes et 250 femmes).

210 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (110 men and 100 women).

Terre-Neuve

530 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (310 hommes et 220 femmes).

230 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (130 hommes et 100 femmes).

Nouvelle Écosse

860 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (470 hommes et 390 femmes).

360 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (200 hommes et 160 femmes).

Ontario

8700 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (4800 hommes et 3900 femmes).

3450 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (1900 hommes et 1550 femmes).

IPÉ

115 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (60 hommes et 55 femmes).

45 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (25 hommes et 30 femmes).

Québec

6200 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (3400 hommes et 2800 femmes).

2450 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (1300 hommes et 1150 femmes).

Saskatchewan

730 nouveaux cas de cancer colorectal estimés (420 hommes et 310 femmes).

280 nouveaux décès par cancer colorectal estimés (150 hommes et 130 femmes).

 

(Source:  Statistiques canadiennes sur le cancer 2012 — Société canadienne du cancer, Statistique Canada, Registres provinciaux et territoriaux du cancer, Agence de la santé publique du Canada.)

Les fola… quoi?

Les fola… quoi?

Si vous suivez régulièrement l’actualité, vous avez peut-être eu l’occasion de lire un ou deux articles portant sur le lien entre la consommation de folates et la prévention du cancer colorectal. Bonne nouvelle, les chercheurs ont encore réussi à mettre au jour un facteur déterminant dans la prévention du 2e cancer le plus meurtrier au pays, vous dites-vous, sans trop savoir de quoi il s’agit!

Parions que vous vous êtes posé la question : mais qu’est-ce que ça mange en hiver des folates?

Une vitamine B!

Acide folique ou folates, il s’agit tout simplement de la vitamine B9. Si vous ou votre conjointe avez expérimenté une grossesse, vous avez sans doute entendu parler des suppléments d’acide folique qui sont généralement recommandés aux femmes enceintes ou souhaitant le devenir. Cette vitamine protégerait contre certaines malformations congénitales du tube neural chez le fœtus et c’est pourquoi elle est généralement associée à un supplément de grossesse.

Si vous n’êtes pas enceinte, ne fermez pas votre écran! En effet, la vitamine B9 n’est pas seulement recommandée aux femmes en âge de procréer, elle est aussi essentielle pour tous et il est important d’en consommer quotidiennement.

Les fonctions de la vitamine B9 sont multiples, car elle est essentielle à l’entretien des tissus notamment la cicatrisation, elle est essentielle à la production de globules rouges sains et prévient contre l’anémie. L’acide folique ou vitamine B9 occupe également une place importante dans la production et l’entretien de l’ADN, dans le fonctionnement du système immunitaire et du système nerveux.

Les dernières études ont démontré qu’une consommation élevée en folates, c’est-à-dire jusqu’à 900 microgrammes par jour[1], contribuerait à la prévention du cancer colorectal. Puisque les folates jouent un rôle essentiel dans le « bon entretien » du matériel génétique, des liens ont été établis, entre une alimentation faible en acide folique et certain cancer.

Spinach Bowl by woodleywonderworks

 

 

Pas nécessaire de prendre des suppléments

Malgré les effets bénéfiques de l’acide folique dans la prévention du cancer colorectal, il ne serait pas nécessaire de consommer des suppléments de vitamine B9, à moins que votre médecin ne vous le recommande, par exemple dans le cas d’une femme enceinte.

En effet, parallèlement à ses bienfaits, un abus d’acide folique augmenterait les risques de développer un adénome de stade avancé chez les personnes ayant déjà subi une intervention chirurgicale afin de retirer un premier adénome – sorte de polype susceptible d’évoluer en tumeur cancéreuse – selon les constats d’une équipe de chercheurs[2].

De plus, la quantité d’acide folique nécessaire à la prévention du cancer se retrouve généralement de façon suffisante dans une alimentation riche en légumes et en légumineuses. Puisque l’apport quotidien de folates recommandé chez les adultes – homme et femme – de plus de 19 ans est de 400mcg par jour, votre dose est peut-être  déjà dans votre assiette.

Où trouver les folates?

Pas besoin de se précipiter au comptoir de la pharmacie la plus près pour se procurer des folates.

Cette vitamine aux propriétés protectrices se retrouve dans bon nombre de légumes verts et de légumineuses. Les épinards, les asperges et le brocoli en contiennent, et les pâtes alimentaires enrichies en sont également une bonne source grâce à des méthodes de fortification des aliments mise en place en 1998[1]. C’est donc dire qu’un individu qui consomme ses 7 à 10 portions de fruits et légumes et ses 6 à 8 portions de produits céréaliers par jour – selon le guide alimentaire canadien – ne devrait pas trop s’inquiéter de souffrir d’une carence en acide folique.

L’on retrouve également une quantité importante d’acide folique dans les abats de volaille, le foie d’agneau, de veau, de porc et de bœuf, mais n’oublions pas que ces aliments une fois transformés           –  sous forme de pâté de foie gras par exemple – contiennent généralement beaucoup de gras et de sel, ce qui les rend évidemment moins santé qu’un brocoli…

Red Beans by cookbookman17

Certains aliments que vous consommez sans doute déjà sont également de bonnes sources d’acide folique tels que le jus d’orange, les noix, les graines de tournesol, les betteraves, les graines de lin, etc.

 

Voici un tableau des aliments et leur teneur en acide folique[2] :

Asperge bouillie 125ml (1/2 tasse) 142 µg

Brocoli bouilli 125ml (1/2 tasse) 89 µg

Jus d’orange 125ml (1/2 tasse) 89 µg

Lentilles cuites 250ml (1 tasse) 358mcg

Pâtes cuites de grains entiers 125ml (1/2 tasse) 51µg

 

Quelques trucs cuisine pour augmenter sont apport quotidien en acide folique :

  1. Cuisinez des salades de légumineuses pour vos lunchs et ajoutez des légumineuses à vos salades vertes
  2. Ajoutez des légumes verts à vos plats mijotés comme du brocoli ou des épinards ni vu ni connu dans une lasagne au four…
  3. Ayez toujours des noix ou des graines de tournesol non salées à porter de main pour les fringales
  4. Ajoutez des feuilles de bébé épinard à vos mélanges de laitue
  5. Ajouter des graines de lin moulues à vos lasagnes, salades, pâtes et potages
  6. Ajoutez des lentilles à vos soupes
  7. Préconisez les pâtes de grains entiers
  8. N’oubliez pas de prendre votre jus d’orange au déjeuner!

Lisez notre blogue hebdomadairement pour découvrir des recettes de saison pleines de folates!



[1] http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/faaf/chap5-fra.php

[2] http://kampai.radio-canada.ca/nutriments#Folates



[1] http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2011/08/20110828-121458.html

[2] http://www.richardbeliveau.org/images/chroniques/R2007-09-03-SEP-038–CompressedSecured.pdf#search=%22folates%22

Bénéfice en termes de survie globale (OS) dans le traitement de première et de seconde ligne du cancer colorectal métastatique

Bevacizumab en pratique clinique
Interview du Dr méd. Daniel Helbling, Onkozentrum Zurich

 

L’introduction du bévacizumab il y a cinq ans a suscité de nouveaux espoirs dans le traitement du cancer. En raison de son mécanisme d’action ciblé, cet inhibiteur de l’angiogenèse peut être combiné avec différentes chimiothérapies. Le bévacizumab a entretemps été enregistré en Suisse dans cinq indications.(1) Le Dr méd. Daniel Helbling de l’Onkozentrum de Zurich explique pourquoi cet inhibiteur de l’angiogenèse est utilisé de plus en plus souvent dans la pratique quotidienne.

Dr Helbling, l’introduction du bévacizumab il y a cinq ans dans le traitement du cancer colorectal métastatique a considérablement modifié la thérapie anticancéreuse. Qu’est-ce qui différencie donc ce médicament biologique des autres substances de ce type ?

Le bévacizumab est un anticorps monoclonal recombinant humanisé, dirigé contre le facteur de croissance endothélial vasculaire VEGF. Si les autres biologiques, tels que les antagonistes de l’EGFR* agissent directement sur la cellule tumorale proprement dite et peuvent donc aussi être donnés en monothérapie, le bévacizumab perturbe principalement l’environnement tumoral, ce qui permet à la chimiothérapie spécifique de mieux développer son action. Ce mode d’action est particulier. Il fonctionne dans passablement de types de tumeurs, donc pas uniquement dans les cancers du côlon et du rectum, mais aussi dans les cancer du poumon, du sein et du rein.(1) Cette perturbation de l’environnement tumoral pourrait justifier une poursuite de l’administration du bévacizumab au-delà de la progression et c’est un point qui fait actuellement l’objet de plusieurs essais cliniques.

Comment s’exprime ce mécanisme d’action particulier du bévacizumab dans les études cliniques et la pratique quotidienne par rapport aux autres biologiques ?

Dans la pratique clinique, c’est essentiellement son relativement bon profil de tolérance qui le rend intéressant.(1) Ceci est très important pour les patients, surtout dans l’optique d’un éventuel traitement d’entretien au cours duquel le médicament serait administré sur de longues périodes. Les cinq mois de prolongation de la survie globale (OS) observés sous bévacizumab dans l’étude d’enregistrement ont constitué une véritable percée.(2) Les études suivantes n’ont malheureusement pas confirmé ces très bonnes données sur l’OS. En revanche, les anticorps anti-EGFR se sont avérés efficaces en termes d’OS dans le traitement de première ligne des patients KRAS-sauvage, du moins dans l’étude Crystal.(3) Ces données doivent cependant être interprétées avec prudence, car l’essai COIN, qui avait également sélectionné uniquement des patients KRAS, n’a trouvé aucun bénéfice avec l’adjonction d’un anticorps anti-EGFR, que ce soit en termes de survie sans progression de la maladie ou de survie globale.(4)

Comment faut-il comprendre l’importance de la survie globale par rapport à la survie sans progression dans le traitement des patients ?

Bien que la survie sans progression soit considérée comme un critère secondaire par rapport à la survie globale, les essais cliniques nous ont montré qu’un bénéfice en termes de survie sans progression n’est pas automatiquement associé à une prolongation de la survie globale.(5) Le bévacizumab est le seul médicament biologique pour lequel il ait été démontré dans les études cliniques une prolongation de la survie globale tant en traitement de première que de seconde ligne.(1, 6) La survie globale est clairement le critère principal dans les études cliniques et en définitive celui qui importe le plus aux patients.

Quels sont à votre avis les motifs pour lesquels le bévacizumab est devenu un élément standard du traitement de première ligne du mCRC ?

Si on n’est pas absolument obligé de rechercher une réponse tumorale maximale et qu’on cherche avant tout à prolonger la survie, le bévacizumab a parfaitement fait ses preuves. La thérapie est également simplifiée du fait que le bévacizumab exerce vraisemblablement son action indépendamment du status KRAS, contrairement aux biologiques tels que le cétuximab et le panitumumab, si bien que le traitement peut être administré sans devoir pratiquer de bilan du status KRAS. De plus, le profil des effets indésirables est très important dans la pratique clinique. Les effets indésirables connus du bévacizumab sont en règle générale tout-à-fait maîtrisables. Cette bonne tolérance est tout simplement essentielle pour la qualité de vie. Nous disposons à ce propos de nombreuses données chez les personnes âgées qui confirment cet aspect. Les résultats des grandes études d’observation confirment les données sur la sécurité et l’efficacité du bévacizumab rapportées lors des essais randomisés de phase III.(7, 8, 9, 10)

Quand le traitement doit-il être instauré et combien de temps doit-il durer ?

Nous pouvons introduire le bévacizumab aussi bien en première qu’en seconde ligne. Le bévacizumab devrait logiquement être donné précocement, vu son mécanisme d’action ciblé particulier qui lui confère le profil d’un partenaire idéal dans le cadre d’une association destinée à renforcer l’efficacité de la chimiothérapie. Le bénéfice sur la survie est bien documenté dans les deux lignes de traitement. Quant à la question concernant la durée du traitement, on ne peut encore donner une réponse concrète. L’efficacité dans le cadre d’un traitement d’entretien et dans une thérapie de première ou de seconde ligne (treatment multiple lines) est actuellement en cours d’investigation.

Quelle sera à l’avenir la place du bévacizumab dans le traitement du cancer ?

Le bévacizumab a démontré au cours de ces dernières années son efficacité et sa relativement bonne tolérance dans un large spectre d’entités tumorales.(1) C’est la raison pour laquelle cette substance occupe aujourd’hui une place en vue en tant que biologique standard en association avec diverses chimiothérapies. On ne sait cependant pas encore quels patients profitent le plus d’un traitement de bévacizumab. Il est donc maintenant très important d’identifier des facteurs de prédiction. C’est la seule façon de justifier le prix très élevé de ces traitements dans le contexte actuel d’explosion des coûts de la santé.

*récepteur épidermique du facteur de croissance

Avec l’aimable soutien de la société Roche Pharma (Suisse) SA.