Archive for August, 2011

Les fola… quoi?

Les fola… quoi?

Si vous suivez régulièrement l’actualité, vous avez peut-être eu l’occasion de lire un ou deux articles portant sur le lien entre la consommation de folates et la prévention du cancer colorectal. Bonne nouvelle, les chercheurs ont encore réussi à mettre au jour un facteur déterminant dans la prévention du 2e cancer le plus meurtrier au pays, vous dites-vous, sans trop savoir de quoi il s’agit!

Parions que vous vous êtes posé la question : mais qu’est-ce que ça mange en hiver des folates?

Une vitamine B!

Acide folique ou folates, il s’agit tout simplement de la vitamine B9. Si vous ou votre conjointe avez expérimenté une grossesse, vous avez sans doute entendu parler des suppléments d’acide folique qui sont généralement recommandés aux femmes enceintes ou souhaitant le devenir. Cette vitamine protégerait contre certaines malformations congénitales du tube neural chez le fœtus et c’est pourquoi elle est généralement associée à un supplément de grossesse.

Si vous n’êtes pas enceinte, ne fermez pas votre écran! En effet, la vitamine B9 n’est pas seulement recommandée aux femmes en âge de procréer, elle est aussi essentielle pour tous et il est important d’en consommer quotidiennement.

Les fonctions de la vitamine B9 sont multiples, car elle est essentielle à l’entretien des tissus notamment la cicatrisation, elle est essentielle à la production de globules rouges sains et prévient contre l’anémie. L’acide folique ou vitamine B9 occupe également une place importante dans la production et l’entretien de l’ADN, dans le fonctionnement du système immunitaire et du système nerveux.

Les dernières études ont démontré qu’une consommation élevée en folates, c’est-à-dire jusqu’à 900 microgrammes par jour[1], contribuerait à la prévention du cancer colorectal. Puisque les folates jouent un rôle essentiel dans le « bon entretien » du matériel génétique, des liens ont été établis, entre une alimentation faible en acide folique et certain cancer.

Spinach Bowl by woodleywonderworks

 

 

Pas nécessaire de prendre des suppléments

Malgré les effets bénéfiques de l’acide folique dans la prévention du cancer colorectal, il ne serait pas nécessaire de consommer des suppléments de vitamine B9, à moins que votre médecin ne vous le recommande, par exemple dans le cas d’une femme enceinte.

En effet, parallèlement à ses bienfaits, un abus d’acide folique augmenterait les risques de développer un adénome de stade avancé chez les personnes ayant déjà subi une intervention chirurgicale afin de retirer un premier adénome – sorte de polype susceptible d’évoluer en tumeur cancéreuse – selon les constats d’une équipe de chercheurs[2].

De plus, la quantité d’acide folique nécessaire à la prévention du cancer se retrouve généralement de façon suffisante dans une alimentation riche en légumes et en légumineuses. Puisque l’apport quotidien de folates recommandé chez les adultes – homme et femme – de plus de 19 ans est de 400mcg par jour, votre dose est peut-être  déjà dans votre assiette.

Où trouver les folates?

Pas besoin de se précipiter au comptoir de la pharmacie la plus près pour se procurer des folates.

Cette vitamine aux propriétés protectrices se retrouve dans bon nombre de légumes verts et de légumineuses. Les épinards, les asperges et le brocoli en contiennent, et les pâtes alimentaires enrichies en sont également une bonne source grâce à des méthodes de fortification des aliments mise en place en 1998[1]. C’est donc dire qu’un individu qui consomme ses 7 à 10 portions de fruits et légumes et ses 6 à 8 portions de produits céréaliers par jour – selon le guide alimentaire canadien – ne devrait pas trop s’inquiéter de souffrir d’une carence en acide folique.

L’on retrouve également une quantité importante d’acide folique dans les abats de volaille, le foie d’agneau, de veau, de porc et de bœuf, mais n’oublions pas que ces aliments une fois transformés           –  sous forme de pâté de foie gras par exemple – contiennent généralement beaucoup de gras et de sel, ce qui les rend évidemment moins santé qu’un brocoli…

Red Beans by cookbookman17

Certains aliments que vous consommez sans doute déjà sont également de bonnes sources d’acide folique tels que le jus d’orange, les noix, les graines de tournesol, les betteraves, les graines de lin, etc.

 

Voici un tableau des aliments et leur teneur en acide folique[2] :

Asperge bouillie 125ml (1/2 tasse) 142 µg

Brocoli bouilli 125ml (1/2 tasse) 89 µg

Jus d’orange 125ml (1/2 tasse) 89 µg

Lentilles cuites 250ml (1 tasse) 358mcg

Pâtes cuites de grains entiers 125ml (1/2 tasse) 51µg

 

Quelques trucs cuisine pour augmenter sont apport quotidien en acide folique :

  1. Cuisinez des salades de légumineuses pour vos lunchs et ajoutez des légumineuses à vos salades vertes
  2. Ajoutez des légumes verts à vos plats mijotés comme du brocoli ou des épinards ni vu ni connu dans une lasagne au four…
  3. Ayez toujours des noix ou des graines de tournesol non salées à porter de main pour les fringales
  4. Ajoutez des feuilles de bébé épinard à vos mélanges de laitue
  5. Ajouter des graines de lin moulues à vos lasagnes, salades, pâtes et potages
  6. Ajoutez des lentilles à vos soupes
  7. Préconisez les pâtes de grains entiers
  8. N’oubliez pas de prendre votre jus d’orange au déjeuner!

Lisez notre blogue hebdomadairement pour découvrir des recettes de saison pleines de folates!



[1] http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/faaf/chap5-fra.php

[2] http://kampai.radio-canada.ca/nutriments#Folates



[1] http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2011/08/20110828-121458.html

[2] http://www.richardbeliveau.org/images/chroniques/R2007-09-03-SEP-038–CompressedSecured.pdf#search=%22folates%22

La journée nationale du sport : Le 17 septembre

La journée nationale du sport : Le 17 septembre

Saviez-vous que le 17 septembre prochain sera la journée nationale du sport?

Guidée par le comité de la Semaine du sport au Canada et organisée par CBC Sports, Radio-Canada Sports, ParticipACTION et Sport pur, la journée du sport se veut un rassemblement national festif autour du sport.

Faites du 17 septembre une excuse pour découvrir

Que vous soyez un adepte de l’activité physique intense ou non, vous pouvez profiter de cette grande célébration du sport qu’est le 17 septembre,  pour participer à une panoplie de journées portes ouvertes et d’essais gratuits, présentant des sports de tous les niveaux. Cette journée sera la clôture d’une semaine  remplis d’évènements et  d’actions sportives à travers le pays. Laissez la paraisse de côté et plongé dans cet engouement pour le sport le temps d’une journée!

University of Alberta - Jersey Day 2010

Saviez-vous que : L’inactivité physique est un facteur de risque lié au développement du cancer colorectal?

En effet, nous savons que l’inactivité physique est un facteur de risque accru lié au développement du cancer colorectal. On estime qu’en 2011, il y aura 22 200 nouveaux cas de cancer colorectal au Canada[1].La bonne nouvelle est que ce facteur de risque important est modifiable! Il s’agit de vous activer un peu pour diminuer considérablement vos chances de développer la maladie.

Plusieurs autres facteurs de risques liés au mode de vie ont également été identifiés tels que :

  1. Alimentation faible en fruits et légumes
  2. Obésité
  3. Alimentation riche en viande rouge
  4. Consommation de viandes transformées
  5. Alcool
  6. Alimentation faible en fibres

Vous pouvez porter des actions concrètes et simples pour réduire ces facteurs de risque. En encourageant votre entourage à adopter de saines habitudes de vie, vous contribuez à la prévention du cancer colorectal, la deuxième cause de mortalité par cancer au Canada.

Profitez de la journée du sport pour entraîné votre entourage à opter pour un mode de vie actif!

Pour plus d’informations à propos de la journée du sport, pour créer ou assister à un évènement, consultez le site : http://journeedusport.radio-canada.ca/home

 

Sources : Société canadienne du cancer, http://info.cancer.ca/cce-ecc/default.aspx?Lang=F&toc=13

Participaction, http://www.participaction.com/fr-ca/Home.aspx

Association canadienne du cancer colorectal : http://www.colorectal-cancer.ca/en/

 



[1] Société canadienne du cancer, http://info.cancer.ca/cce-ecc/default.aspx?Lang=F&toc=13

Redéfinir le bon vivant

Malgré la température chaude qui persiste, les premiers signes de l’automne ne tarderont pas à souffler sur nos terrasses. Vous regardez votre BBQ et êtes déjà nostalgique de cette bonne viande rouge grillée dont vous vous êtes délecté pendant la saison chaude, des cigarettes que vous avez savourées les unes après les autres et de ce vélo dont vous n’avez cessé de remettre à plus tard l’entretien. Vous pourriez vous sentir coupable, mais qu’à cela ne tienne, vous êtes un « bon vivant » vous dites-vous, refoulant loin de vos pensées ces saines habitudes de vie… qui vous martèle la conscience!

Et si l’on revisitait la définition du « bon vivant »?

Vous avez sans doute déjà entendu quelqu’un excuser le surplus de poids et le manque d’exercices d’un ami, conjoint ou collègue en s’exclamant : « C’est un bon vivant celui-là! »

Et si être un « bon vivant » signifiait davantage mettre toutes les chances de sont côté, pour vivre mieux et plus en santé?

Remettons les pendules à l’heure, et réapproprions-nous le terme « bon vivant » en  croyant plutôt, qu’être un bon vivant c’est savoir profiter des plaisirs de la vie pour vivre mieux et plus en santé.

En effet, alors que plusieurs études ont démontré que des habitudes telles que la consommation élevée de viande rouge, une alimentation pauvre en grain entier et en fruits et légumes et fumer peuvent vous mener tout droit vers le développement d’un cancer, pourquoi considérons-nous ces travers comme l’apanage du sacro-saint bon vivant ? Il ne s’agit pourtant que de quelques changements dans votre quotidien pour mieux vivre et du même coup réduire considérablement vos chances de développer un cancer colorectal. Il est peut-être temps de se réapproprier le terme et de revendiquer le plaisir d’être un bon vivant  en bonne santé!

Soft Heart By Irwin-Scott

 

 

Réduire sa consommation de viande rouge

Que les grands carnivores se rassurent : il ne s’agit pas ici de devenir végétarien. Que l’on aime les rôtis braisés, les pots au feu et les steaks de filet mignon au BBQ, ne vous donnera pas le cancer.

Par contre, il est vrai que le fonds mondial de recherche contre le cancer (FMRC) recommande de limiter sa consommation de viande rouge à 1lbs (500g) par semaine, afin de réduire son risque de développer un cancer colorectal et cette règle va de pair avec notre nouvelle définition du bon vivant.

Manger moins de viande sans perdre de saveur

Opter pour une alimentation faible en viande rouge et en gras sans perdre le plaisir de manger une nourriture gouteuse est tout à fait possible.

Le bon vivant n’abuse pas des bonnes viandes rouges, il préconise plutôt le poulet mariné dans de délicieuses marinades de yogourt au miel et au citron, des poissons braisés à l’ail et à l’huile d’olive et des casseroles aux fèves rouges et aux lentilles aromatisées au cari et à la coriandre fraiche. À l’occasion, il déguste avec engouement un tatare de bœuf épicé, et intègre à son quotidien les recettes les plus savoureuses de penne aux noix de pins et au pesto, qu’il déguste avec un peu de pain frais aux graines de tournesol… et un bon verre de rouge!

Vous n’êtes pas convaincue? Peut-être devriez-vous ajouter des herbes fraîches, de la musique et quelques amis à votre table.

Manger moins de viande rouge est une façon simple d’intégrer la prévention du cancer colorectal à son quotidien. Plusieurs personnes ont déjà fait le pas en adhérant au mouvement lundi sans viande, mais il n’est pas nécessaire de couper complètement sa consommation de viande pour mettre toutes les chances de son côté. More >

Bénéfice en termes de survie globale (OS) dans le traitement de première et de seconde ligne du cancer colorectal métastatique

Bevacizumab en pratique clinique
Interview du Dr méd. Daniel Helbling, Onkozentrum Zurich

 

L’introduction du bévacizumab il y a cinq ans a suscité de nouveaux espoirs dans le traitement du cancer. En raison de son mécanisme d’action ciblé, cet inhibiteur de l’angiogenèse peut être combiné avec différentes chimiothérapies. Le bévacizumab a entretemps été enregistré en Suisse dans cinq indications.(1) Le Dr méd. Daniel Helbling de l’Onkozentrum de Zurich explique pourquoi cet inhibiteur de l’angiogenèse est utilisé de plus en plus souvent dans la pratique quotidienne.

Dr Helbling, l’introduction du bévacizumab il y a cinq ans dans le traitement du cancer colorectal métastatique a considérablement modifié la thérapie anticancéreuse. Qu’est-ce qui différencie donc ce médicament biologique des autres substances de ce type ?

Le bévacizumab est un anticorps monoclonal recombinant humanisé, dirigé contre le facteur de croissance endothélial vasculaire VEGF. Si les autres biologiques, tels que les antagonistes de l’EGFR* agissent directement sur la cellule tumorale proprement dite et peuvent donc aussi être donnés en monothérapie, le bévacizumab perturbe principalement l’environnement tumoral, ce qui permet à la chimiothérapie spécifique de mieux développer son action. Ce mode d’action est particulier. Il fonctionne dans passablement de types de tumeurs, donc pas uniquement dans les cancers du côlon et du rectum, mais aussi dans les cancer du poumon, du sein et du rein.(1) Cette perturbation de l’environnement tumoral pourrait justifier une poursuite de l’administration du bévacizumab au-delà de la progression et c’est un point qui fait actuellement l’objet de plusieurs essais cliniques.

Comment s’exprime ce mécanisme d’action particulier du bévacizumab dans les études cliniques et la pratique quotidienne par rapport aux autres biologiques ?

Dans la pratique clinique, c’est essentiellement son relativement bon profil de tolérance qui le rend intéressant.(1) Ceci est très important pour les patients, surtout dans l’optique d’un éventuel traitement d’entretien au cours duquel le médicament serait administré sur de longues périodes. Les cinq mois de prolongation de la survie globale (OS) observés sous bévacizumab dans l’étude d’enregistrement ont constitué une véritable percée.(2) Les études suivantes n’ont malheureusement pas confirmé ces très bonnes données sur l’OS. En revanche, les anticorps anti-EGFR se sont avérés efficaces en termes d’OS dans le traitement de première ligne des patients KRAS-sauvage, du moins dans l’étude Crystal.(3) Ces données doivent cependant être interprétées avec prudence, car l’essai COIN, qui avait également sélectionné uniquement des patients KRAS, n’a trouvé aucun bénéfice avec l’adjonction d’un anticorps anti-EGFR, que ce soit en termes de survie sans progression de la maladie ou de survie globale.(4)

Comment faut-il comprendre l’importance de la survie globale par rapport à la survie sans progression dans le traitement des patients ?

Bien que la survie sans progression soit considérée comme un critère secondaire par rapport à la survie globale, les essais cliniques nous ont montré qu’un bénéfice en termes de survie sans progression n’est pas automatiquement associé à une prolongation de la survie globale.(5) Le bévacizumab est le seul médicament biologique pour lequel il ait été démontré dans les études cliniques une prolongation de la survie globale tant en traitement de première que de seconde ligne.(1, 6) La survie globale est clairement le critère principal dans les études cliniques et en définitive celui qui importe le plus aux patients.

Quels sont à votre avis les motifs pour lesquels le bévacizumab est devenu un élément standard du traitement de première ligne du mCRC ?

Si on n’est pas absolument obligé de rechercher une réponse tumorale maximale et qu’on cherche avant tout à prolonger la survie, le bévacizumab a parfaitement fait ses preuves. La thérapie est également simplifiée du fait que le bévacizumab exerce vraisemblablement son action indépendamment du status KRAS, contrairement aux biologiques tels que le cétuximab et le panitumumab, si bien que le traitement peut être administré sans devoir pratiquer de bilan du status KRAS. De plus, le profil des effets indésirables est très important dans la pratique clinique. Les effets indésirables connus du bévacizumab sont en règle générale tout-à-fait maîtrisables. Cette bonne tolérance est tout simplement essentielle pour la qualité de vie. Nous disposons à ce propos de nombreuses données chez les personnes âgées qui confirment cet aspect. Les résultats des grandes études d’observation confirment les données sur la sécurité et l’efficacité du bévacizumab rapportées lors des essais randomisés de phase III.(7, 8, 9, 10)

Quand le traitement doit-il être instauré et combien de temps doit-il durer ?

Nous pouvons introduire le bévacizumab aussi bien en première qu’en seconde ligne. Le bévacizumab devrait logiquement être donné précocement, vu son mécanisme d’action ciblé particulier qui lui confère le profil d’un partenaire idéal dans le cadre d’une association destinée à renforcer l’efficacité de la chimiothérapie. Le bénéfice sur la survie est bien documenté dans les deux lignes de traitement. Quant à la question concernant la durée du traitement, on ne peut encore donner une réponse concrète. L’efficacité dans le cadre d’un traitement d’entretien et dans une thérapie de première ou de seconde ligne (treatment multiple lines) est actuellement en cours d’investigation.

Quelle sera à l’avenir la place du bévacizumab dans le traitement du cancer ?

Le bévacizumab a démontré au cours de ces dernières années son efficacité et sa relativement bonne tolérance dans un large spectre d’entités tumorales.(1) C’est la raison pour laquelle cette substance occupe aujourd’hui une place en vue en tant que biologique standard en association avec diverses chimiothérapies. On ne sait cependant pas encore quels patients profitent le plus d’un traitement de bévacizumab. Il est donc maintenant très important d’identifier des facteurs de prédiction. C’est la seule façon de justifier le prix très élevé de ces traitements dans le contexte actuel d’explosion des coûts de la santé.

*récepteur épidermique du facteur de croissance

Avec l’aimable soutien de la société Roche Pharma (Suisse) SA.

Les femmes plus exposées aux troubles gastro-intestinaux Le Point.fr

 

Les femmes plus exposées aux troubles gastro-intestinaux

Le Point.fr – Publié le 29/07/2011 à 18:11 – Modifié le 29/07/2011 à 18:12

Dans toute l’Europe, les statistiques révèlent une différence hommes-femmes et les spécialistes tirent la sonnette d’alarme.

 

Les femmes ressentent plus l’amer et le sucré que les hommes et leurs intestins sont plus sensibles. © WEISS/TPH/ / SIPA

Par Anne Jeanblanc

“Il est très inquiétant que près de 60 % de tous les patients de gastro-entérologie soient des femmes”, estime le professeur Nurdan Tözün, de l’Acibadem University School of Medicine en Turquie. Au nom de la Fédération européenne de gastro-entérologie, elle appelle à une meilleure éducation sanitaire, un meilleur accès aux soins médicaux, et à une prise de conscience du besoin de dépistage et de prévention chez les jeunes femmes. Selon elle, il est urgent que la santé gastro-intestinale des femmes devienne une priorité.

De nombreuses études montrent clairement que les femmes risquent plus de souffrir de divers troubles gastro-intestinaux que les hommes, notamment de calculs biliaires, du syndrome du côlon irritable, de dyspepsie, de maladie coeliaque, de constipation chronique et d’hépatite auto-immune. À l’opposé, les hommes sont plus sujets aux problèmes anaux, aux cancers du foie et aux maladies des voies biliaires. Bien que ces différences entre les sexes restent obscures, les chercheurs pensent que les hormones sexuelles, des prédispositions génétiques ainsi que des facteurs sociaux ou liés au style de vie y contribuent peu ou prou.

Différences physiques

Tout d’abord, les variations de risque s’expliquent en partie par des différences physiques. Les femmes sont plus sensibles à l’amer et au sucré que les hommes, et leurs intestins sont plus fragiles, ce qui les rend plus vulnérables aux substances irritantes et aux autres types de stimulation. Les estomacs féminins se vident plus lentement que ceux des hommes, ce qui peut expliquer en partie des taux plus élevés de symptômes de dyspepsie (nausées, ballonnements, sensations de pesanteur gastrique et gêne abdominale, par exemple). Le transit dans leur gros intestin est plus long, c’est pourquoi elles sont plus souvent constipées.

Selon Nurdan Tözün, des différences existent également dans le foie et le système biliaire, ce qui rend les femmes plus exposées à certaines affections. “Certains troubles du foie sont spécifiques, comme ceux qui apparaissent pendant la grossesse, et d’autres sont plus fréquents que chez les hommes, comme la cirrhose biliaire primitive et l’hépatite auto-immune”, ajoute-t-elle. “Les femmes sont aussi plus susceptibles de développer des maladies liées à l’alcoolisme, leur risque de cirrhose devenant important à partir de 20 grammes d’alcool par jour, contre 40 à 60 grammes pour les hommes.”

Moins de cancers

En revanche, les femmes risquent moins de souffrir d’un cancer colorectal que les hommes. La consommation d’hormones semble les protéger, les contraceptifs oraux réduisant le risque d’environ 20 % avant la ménopause, et les traitements hormonaux substitutifs de 40 % chez les personnes plus âgées. Mais cela ne justifie en rien le fait qu’elles bénéficient moins souvent que les hommes des examens de dépistage de ce type de tumeur.

Enfin, le professeur Tözün pense que le style de vie et des facteurs sociaux continuent à jouer un rôle dans le développement des troubles gastro-intestinaux chez les femmes. Des troubles de l’alimentation, l’inactivité physique, la consommation d’alcool et de tabac, ainsi qu’une tendance au surpoids et à l’obésité après 40 ans sont autant de facteurs qui peuvent contribuer au risque de maladies gastro-intestinales et hépatiques. Des domaines dans lesquels la spécialiste turque estime qu’il est indispensable d’agir.