Je n’oublierai jamais le moment où l’infirmière est venue me chercher et m’a demandé de revenir dans le bureau du médecin. Mon mari Geoff venait de subir sa première coloscopie de routine. Mon cœur s’est serré : j’étais déjà passée par là avec mon père, et je savais que les nouvelles ne seraient pas bonnes. Tout ce dont je me souviens, c’est d’avoir entendu les mots « stade III » et d’avoir observé le visage de Geoff. Comment était-ce possible? Nous n’avions vu aucun signe chez mon mari, par ailleurs encore jeune (52 ans) et en santé.

Une fois le choc initial passé, j’ai voulu savoir tout ce que je devais faire pour aider mon mari à traverser cette épreuve. Notre parcours avec la maladie a alors débuté, et nous nous sommes préparés aux 12 cycles de chimiothérapie qui nous attendaient. Nous avions la chance d’habiter juste à côté du centre Wellspring d’Oakville où, avons-nous appris, une dame du nom Filomena Servidio-Italiano, de Cancer colorectal Canada, animait tous les mois un groupe d’information et de soutien. Je remercie le ciel d’avoir mis ce groupe sur notre chemin. Filomena était — et est toujours — formidable. Pour la première fois, nous avions l’impression que, peut-être, tout allait bien se passer. Ses connaissances et son réseau de contacts nous apparaissaient inépuisables. Honnêtement, je ne crois pas qu’elle dorme!!!

Lorsqu’on nous a annoncé qu’il n’y avait, après ces 12 cycles de chimiothérapie, plus de signes de la maladie chez Geoff, nous étions absolument ravis. Pourtant, moins de 2 ans plus tard, celle-ci est revenue en force. Stade IV — côlon, foie, poumons et os. Je me souviens d’avoir, en pleurs, appelé Filomena, qui m’a alors dit qu’il fallait laisser de côté les pleurs et qu’ensemble, nous nous battrions. Peu de temps après, j’ai appris qu’elle avait réussi à nous faire voir l’un des meilleurs médecins de Sunnybrook, de façon à ce que nous soyons en mesure de connaître les options qui s’offraient à nous. À nouveau, nous avons commencé des traitements de chimiothérapie. Malheureusement, Geoff a commencé à faire de la fièvre après son 2e cycle, a dû être hospitalisé et est décédé des suites d’une septicémie 2 mois plus tard.

Encore aujourd’hui, je repense à cette période et me demande si nous aurions pu en faire plus. Posez cette question à Filomena, qui mène un combat acharné contre le cancer du côlon, et elle vous répondra que oui, il est possible de faire plus!!! Sa mission — qui est maintenant aussi la mienne — consiste à sensibiliser les gens au fait qu’il est primordial de subir un test de dépistage beaucoup plus tôt. Je suis extrêmement reconnaissante d’avoir trois filles qui devront passer par un dépistage et de connaître Filomena. Sa