Le professeur Michel Ducreux, cancérologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif fut invité à l’émission Allô Docteurs pour répondre à des questions sur le cancer colorectal.

Voici un liste de liens à des vidéos sur le site bonjour-docteur.com montrant ses réponses.

Cancer colorectal : peut-on vivre sans côlon ?

Peut-on vivre sans côlon ?

“Oui, il y a plein d’organes dans ce cas : on peut vivre sans poumon, on peut vivre avec la moitié d’un foie, etc.

“Véritablement, au début souvent, il y a un petit peu de diarrhées quand on est obligé dans certaines circonstances d’enlever tout le côlon. Mais en utilisant au départ quelques médicaments qui ralentissent un petit peu l’émission de selles, il y a beaucoup de gens qui mènent une vie strictement normale malgré ce type d’intervention et c’est tant mieux !”

Cancer colorectal et hémorroïdes ?

Le test de dépistage est-il fiable ? Comment ne pas confondre avec des saignements dus aux hémorroïdes ?

“La grosse problématique est que le fait d’avoir du sang dans les selles est un signe et derrière ce signe peuvent se cacher différentes causes. Une cause très cachée est le cancer et une cause très fréquente est les hémorroïdes. Donc en quelque sorte, un train peut en cacher un autre.

“C’est ce qui arrive assez régulièrement, c’est-à-dire que je vois encore très souvent des malades qui arrivent en consultation avec une maladie à un stade relativement avancé et ils ont eu du sang dans les selles, non pas une fois mais dix fois, vingt fois pendant des mois et des mois en se disant que ce sont les hémorroïdes. Mais ce n’était pas les hémorroïdes parce qu’il y avait un cancer derrière.

“Quelque part, quand on a du sang dans les selles, il faut aller voir un médecin et c’est ce médecin qui adapte l’attitude. Le plus souvent, il fait faire une coloscopie. Si celle-ci s’avère normale et qu’il y a des hémorroïdes, on dit que ce sont les hémorroïdes. Mais il faut d’abord aller voir.”

Cancer colorectal : quels traitements ?

Comment le cancer colorectal se soigne-t-il ?

“Le cancer d’une manière générale nécessite ce qu’on appelle la multidisciplinarité, c’est-à-dire qu’autour d’une table, on a l’ensemble des éléments qui nous permettent de savoir où en est la maladie. Il y a un certain nombre d’examens comme des scanners, etc. Chacun donne son avis selon sa spécialité (le chirurgien, le radiothérapeute, le chimiothérapeute) de façon à prendre la meilleure décision.

“C’est vrai que très souvent le premiers temps du traitement d’un cancer du côlon, sans rentrer dans les détails, c’est la chirurgie. La chirurgie garde une place très importante dans les prise en charge de cette maladie, c’est vrai.”

Cancer colorectal : quels risques ?

Quels sont les terrains à risque ?

“C’est une problématique importante parce qu’on a parlé du test Hemoccult qui est pour la population dite générale, qui n’a pas d’antécédents particuliers.

“En revanche, dans les familles où il y a déjà eu un cas de cancer du côlon ou un cas de polype, là, le dépistage n’est plus fait par le test Hemoccult mais bien par la coloscopie.

“Pour des cas encore plus importants où il y a vraiment dans la famille des problématiques multiples de cancers du côlon, à ce moment là, on a à faire à des maladies qui sont génétiquement déterminées, on va jusqu’à la consultation de génétique pour faire des tests génétiques dans la famille pour aller déterminer ceux qu’il faut suivre extrêmement étroitement, avec parfois des coloscopies qui sont faites annuellement.”

Cancer colorectal, coloscopie et produit de nettoyage

Pourquoi ne pas améliorer le goût du “produit de nettoyage” du côlon ? Pourquoi 4 litres ? C’est impossible à boire.

“La problématique est qu’il faut vraiment avoir une grande quantité de liquide qui reste à l’intérieur du côlon de façon à emporter toutes les matières fécales pour qu’à la coloscopie, on puisse voir et regarder le côlon.

“Un polype fait parfois quelques millimètres. Donc 5 mm de diamètre, vous imaginez bien que s’il y a une petite matière fécale qui est collée dessus; on ne la voit pas. Donc il faut vraiment que ce soit le plus propre possible.

“Quand au goût, on a essayé. Il y a trois produits différents mais c’est à peu près pareil.”

Cancer colorectal : une question d’alimentation ?

Quel est le rôle de l’alimentation dans le cancer colorectal ?

“L’alimentation a un rôle puisque le cancer du côlon est un cancer qui survient particulièrement dans les pays dits occidentaux. Il est vrai qu’il vaut mieux ne pas avoir une alimentation trop occidentale, pas manger trop de hamburger-frites mais plutôt manger le plus possible de légumes, faire un peu d’exercice physique.

“Ce qui est intéressant, c’est que mener une vie saine pour se prémunir contre le cancer du côlon est la même vie saine pour se prémunir contre les maladies cardiovasculaires.

“Il ne faut pas boire d’alcool non plus si possible, pas trop du moins.”