Barry Stein, président de l'Association canadienne du cancer colorectal

Au nom de l’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC) et surtout au nom de tous les québécois pour qui la décision du Ministre de la Santé et des Service sociaux, Yves Bolduc, de lancer un projet pilote de dépistage du cancer colorectal, leur sauvera la vie, Barry Stein, président de l’ACCC, le remercie infiniment. Ainsi pour l’ACCC, il ne fait nul doute que l’instauration d’un programme de dépistage au Québec ne fera non seulement diminuer l’incidence du cancer colorectal, mais augmentera aussi la survie des personnes atteintes en leur permettant d’être traitées à des states précoses, là où la maladie est plus facile à guérir.

L’instauration d’un programme de dépistage du cancer colorectal au Québec, et d’ailleurs au Canada est l’un des 2 enjeux auxquels notre association s’est engagée à assurer pour tous les individus concernés. Notre deuxième enjeu étant l’accès à des traitements efficaces pour toutes les personnes atteintes.

Bien que nous reconnaissions l’impact important de la décision au niveau de la prévention du cancer colorectal, il demeure un besoin impératif au Québec en termes d’accès aux traitements de troisième ligne pour les patients diagnostiqués et chez qui malheureusement le diagnostic a été posé à un state avancé. La récente décision du Nouveau-Brunswick d’offrir un traitement de 3è intention aux patients atteints de cancer colorectal porte à 7 le nombre de provinces canadiennes qui offrent au moins un, sinon les deux médicaments de la classe des anti-EGFR, soit le panitumumab et le cétuximab; le Québec, l’Île du Prince Édouard et la Nouvelle-Écosse étant les seules provinces à en refuser l’accès aux patients qui en auraient besion. Le Québec fait donc piètre figure à ce niveau.

Le Conseil du médicament a revu ces deux médicaments et vous a recommandé de ne pas les inscrire. Ce que nous ne comprenons pas, étant donné que ces médicaments ou au moins un de ces deux médicaments sont disponibles presque partout ailleurs au Canada.

Ces médicaments, Vectibix (panitumumab) et Erbitux (cetuximab) font partie d’une nouvelle classe d’agents biologiques qui permettent de prolonger la survie pour ces patients pour lesquels les médecins n’ont plus rien à offrir. Un des avantages indéniables de ces deux nouveaux médicaments est la possibilité d’identifier à l’avance, les patients les plus susceptibles de répondre au traitement à l’aide de tests génétiques, ce qui non seulement permet d’éviter de traiter inutilement des patients dont la chance de réponse au traitement est nulle, mais aussi de permettre une gestion plus efficace des fonds de santé.

Actuellement le Conseil évalue à nouveau, et ce de façon prioritaire, le panitumumab.

Nous demeurons confiants que le Ministre va prendre la bonne décision et qu’il permet aux québécois qui souffrent d’un cancer colorectal et qui pourraient bénéficier d’un traitement de 3è intention puissent y avoir accès, tout comme la grande majorité des canadiens dans la même situation qu’eux, y ont accès.