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Le dépistage du cancer colorectal

Le dépistage consiste à effectuer, en l’absence de symptômes, une série de tests afin de déterminer s’il y a présence d’une maladie donnée, à titre préventif et pour que la maladie soit décelée à un stade précoce, le cas échéant.

Comme le cancer colorectal fait presque toujours suite à des polypes bénins (non cancéreux), on peut l’éviter en décelant à temps ces polypes grâce au dépistage et en les enlevant. En fait, le cancer colorectal peut être évité dans plus de 90 % des cas. Lorsqu’il est déjà là, on peut le guérir dans plus de 90 % des cas à condition de le découvrir à un stade précoce.

Les tests de dépistages les plus courants sont les suivants :

Recherche de sang occulte dans les selles (RSOS)

Les vaisseaux sanguins qui se trouvent à la surface des tumeurs propres au cancer colorectal et de certains polypes sont souvent très fragiles et s’endommagent au passage des selles, ce qui provoque des saignements trop infimes pour pouvoir être détectés à l’œil nu. Une recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) permet de déceler la présence de sang occulte (caché) dans les selles. Ce test s’effectue à la maison, où la personne prélève des échantillons de matières fécales provenant de trois selles différentes, puis étale un peu de chaque prélèvement sur un petit carton spécial enduit d’une substance chimique faite à partir d’un espèce végétale et appelée « gaïac ». Le carton est ensuite envoyé au laboratoire, où on l’analyse pour vérifier s’il contient du sang. Pour la RSOS au gaïac, il faut respecter, plusieurs jours avant ainsi que le jour même du test, certaines restrictions visant les médicaments et les aliments qu’on ingère, car ceux-ci peuvent fausser le résultat. Il existe cependant un nouveau test de RSOS, appelé « test immunochimique » et pour lequel de telles restrictions ne sont pas nécessaires. Les échantillons de selles requis pour ce test se prélèvent sensiblement de la même manière que pour la RSOS au gaïac, mais sont traités différemment. Par ailleurs, le test immunochimique décèle le sang provenant du côlon ou du rectum, alors que la RSOS détecte le sang qui vient de n’importe quelle partie du tube digestif (de la bouche au côlon). En cas de résultat positif à la suite d’un test de RSOS au gaïac ou immunochimique, il faut toujours procéder à un examen interne appelé « coloscopie » (voir ci dessous) pour déterminer la cause du saignement, dont les causes possibles sont nombreuses (ulcère ou hémorroïdes, par exemple).

Lavement baryté à double contraste

La méthode du lavement baryté à double contraste consiste en un examen radiographique qui fournit des images de la totalité du côlon. On introduit dans le rectum un liquide contenant du sulfate de baryum qui se répand dans tout le côlon et permet une meilleure définition des images produites par radiographie. En outre, on pompe de l’air dans le côlon afin de l’élargir avant de prendre les radiographies. Si l’on détecte des polypes ou toute autre anomalie, on effectue une coloscopie afin de pousser plus loin l’investigation. Maintenant qu’on dispose de nouvelles techniques qui augmentent la sensibilité des tests et que l’accès à la coloscopie s’est amélioré, on utilise moins souvent le lavement baryté à double contraste.

Sigmoïdoscopie à sonde souple

La sigmoïdoscopie à sonde souple est un examen interne de la partie inférieure du côlon (appelée « sigmoïde ») effectué à l’aide d’un tube mince et souple munie à une extrémité d’une lumière et d’une petite caméra qui peut être reliée à un moniteur. On insère le tube par l’anus et on le fait glisser lentement jusqu’au côlon sigmoïde afin d’examiner ce dernier. Si l’on découvre des polypes ou toute autre anomalie, on peut en faire l’ablation complète ou partielle à l’aide d’un instrument qu’on insère dans le tube—une intervention appelée « biopsie ». L’échantillon prélevé est envoyé au laboratoire, qui déterminera s’il y a présence de cellules cancéreuses. Le cas échéant, une coloscopie sera nécessaire pour vérifier si l’on trouve des excroissances dans le reste du côlon.

Coloscopie

La coloscopie est semblable à la sigmoïdoscopie, sauf qu’elle permet d’examiner la totalité du côlon. Si on décèle des polypes ou d’autres anomalies, on peut en prélever un fragment par biopsie et l’envoyer au laboratoire pour savoir s’il y a présence de cellules cancéreuses. Étant donné qu’il s’agit d’un examen plus invasif, on administre généralement un sédatif au patient. La coloscopie est considérée comme la méthode de dépistage la plus efficace pour le cancer, car elle permet un examen plus approfondi du côlon. Il existe également une nouvelle technique moins invasive appelée « coloscopie virtuelle ». Elle fait appel à la tomodensitométrie (une technique de radiographie) assistée par ordinateur pour produire des images de l’intestin. Grâce à un logiciel sophistiqué, des images en trois dimensions de l’intérieur de l’intestin sont produites, et le médecin peut ainsi inspecter toute la longueur du côlon simplement en cliquant sur la souris. Lorsque cet examen révèle quelque chose de suspect, on effectue ensuite une coloscopie conventionnelle afin de procéder à une biopsie.

Biopsie

Cet examen consiste à prélever un fragment de tissu afin qu’il soit examiné au microscope par un pathologiste (médecin spécialisé dans le diagnostic des maladies). C’est la seule façon d’établir un diagnostic définitif au sujet du cancer colorectal. L’analyse du prélèvement biopsique permet également de déterminer à quel stade en est le cancer et, parfois, jusqu’à quel point la paroi du côlon ou du rectum est atteinte.

Qui devrait passer un test de dépistage ?

Pour le commun des mortels, l’âge est le facteur de risque le plus important en ce qui concerne le cancer colorectal, car, dans plus de 90 % des cas, cette maladie frappe des gens âgés de plus de 50 ans. L’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC) recommande donc que tous les Canadiens (hommes et femmes) qui ont 50 ans ou plus se soumettent au moins tous les deux ans à une recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) ou à un test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles (TIRSOS). En cas de résultat positif, il faut toujours faire une coloscopie afin de déterminer la cause du saignement.

Les gens qui présentent plus de risques d’avoir un cancer colorectal devraient en parler à leur médecin afin de commencer plus tôt le dépistage et de passer des tests plus fréquemment, et pour que le médecin détermine la méthode de dépistage qui convient le mieux dans leur cas.

Voici les facteurs de risque les plus importants :

  • Membre de la famille immédiate (parent au premier degré) atteint de cancer colorectal
  • antécédents personnels de cancer colorectal
  • antécédents personnels de polypes bénins
  • maladie inflammatoire intestinale (colite ulcéreuse ou maladie de Crohn, p. ex.)
  • antécédents familiaux ou diagnostic de syndromes héréditaires liés au cancer colorectal tels que la polypose adénomateuse familiale rectocolique ou le cancer colique héréditaire sans polypose
  • antécédents familiaux ou diagnostic de syndromes héréditaires liés au cancer colorectal tels que la polypose adénomateuse familiale rectocolique ou le cancer colique héréditaire sans polypose