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04/18/11

Cancer: Bolduc s’engage à rendre les médicaments plus accessibles

Louise-Maude Rioux Soucy - 16 avril 2011

Après des mois de bataille, le ministre de la Santé s’est rangé hier du côté des patients atteints de cancer et de leurs médecins qui réclamaient un meilleur mécanisme d’accès aux nouveaux médicaments de pointe. Sans lever complètement le voile sur la formule retenue, Yves Bolduc s’est engagé à donner le dernier mot aux oncologues qui, par leur comité d’experts, pourront défendre ce qu’il y a de mieux pour leurs patients.

L’objectif de cette nouvelle formule: faire en sorte que tous les patients reçoivent les médicaments dont ils ont besoin. «On peut présumer que des médicaments, il va y en avoir plus et qu’ils seront accessibles plus rapidement, a dit le ministre en marge de la Conférence nationale pour vaincre le cancer. Québec souhaite aussi pouvoir réagir plus vite. Si vous avez un cancer, vous ne voulez pas attendre six mois avant d’avoir accès aux médicaments.»

L’annonce survient après de nombreuses sorties publiques dénonçant les refus en série du Conseil du médicament, aujourd’hui intégré à l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Un seul anticancéreux de pointe a été retenu parmi les dix derniers autorisés par Santé Canada. Un changement de cap qui avait fait dire à la coalition Priorité cancer au Québec que le Québec était passé de «généreux à avaricieux».

Dans la foulée, des oncologues avaient aussi pris la plume pour dénoncer les choix du Conseil du médicament et l’absence d’oncologues dans les instances de décision. Encore jeudi, l’hémato-oncologue François Patenaude a profité de la conférence nationale pour critiquer ces choix basés sur des arguments économiques et thérapeutiques. «Cessons de proférer des inepties en disant que les populations québécoises sont différentes. Un médicament qui marche en Ontario risque fort de marcher aussi ici.»

Rapport à rendre

Ébranlé par tout ce battage, le ministre Bolduc avait annoncé en décembre dernier la formation d’un groupe de travail pour définir une implication plus formelle du Comité de l’évolution des pratiques en oncologie (CEPO) dans le processus d’évaluation de la valeur thérapeutique des médicaments anticancéreux. Le rapport signé par Léonard Aucoin lui a été remis le 31 mars dernier. Le ministre entend le rendre public prochainement.

Même si les fils de cette nouvelle stratégie ne sont pas encore tous attachés, Yves Bolduc a assuré hier que le CEPO tiendra désormais un rôle de premier plan. «Ce sont les hémato-oncologues qui sont les meilleures personnes pour nous dire quels médicaments devraient être donnés dans quels cas.»

Mais attention, l’impératif d’une analyse rigoureuse reste. Ce n’est pas une affaire de coûts, mais de bénéfices, a expliqué Yves Bolduc. «Au Québec, on était très rigoureux au niveau de l’accessibilité aux médicaments et on le restera.» En Ontario, des hémato-oncologues ont dénoncé le fait qu’on y a prescrit des molécules qui ne sont pas efficaces, qui coûtent cher et qui sont même nuisibles aux patients, a rappelé le ministre. «Ils sont en train de revenir en arrière.»

Cette annonce a été accueillie favorablement par la coalition Priorité cancer au Québec. «On est content de voir que l’acceptation d’un médicament se fera avec la consultation obligatoire des experts en oncologie», a commenté son président, le Dr Pierre Audet-Lapointe. La coalition aurait toutefois souhaité une liste exhaustive des médicaments autorisés. Elle a également émis le souhait que les patients puissent participer au processus d’acceptation. Elle a enfin demandé une révision des médicaments rejetés au cours des dernières années.


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Source: http://www.ledevoir.com/societe/sante/321318/cancer-bolduc-s-engage-a-rendre-les-medicaments-plus-accessibles