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12/16/11

Cancer et mort cellulaire : une percée

src - Mise à jour le jeudi 15 décembre 2011 à 16 h 11 HNE

Le Dr Patrick Mehlen et ses collègues du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon s’intéressent depuis quelques années à l’apoptose, le processus de mort cellulaire. Ils tentent de mieux saisir le mécanisme qui amène les cellules à s’engager dans un processus d’autodestruction lorsqu’elles deviennent anormales.

Ce processus compte sur la présence de sentinelles situées à la surface de la cellule et qui scrutent leur environnement afin de déterminer si elle doit être maintenue en vie ou détruite.

L’équipe du Dr Mehlen s’est intéressée à ces sentinelles (récepteur à dépendance) et à leur lien avec la destruction des cellules cancéreuses.

Elle a ainsi découvert que le gène DCC (Deleted Cancer Colorectal) protège l’organisme de l’apparition de cancer en provoquant la mort des cellules devenues cancéreuses.

Le constat a été établi à partir d’un modèle animal, des souris, dans lequel le gène DCC avait génétiquement modifié. « L’organisme est naturellement protégé du développement de cancers grâce à la présence de ce gène suppresseur de tumeur. Malheureusement, certaines cellules cancéreuses échappent à ce contrôle en bloquant ce mécanisme de sentinelles. On sait ainsi que le gène DCC est éteint dans la majorité des cancers chez l’homme. » — Patrick Mehlen

Les chercheurs savaient depuis 1990 que le DCC n’est pas ou peu exprimé dans une majorité de cas de cancers colorectaux en stade avancé.

Les présents résultats fournissent la démonstration définitive, selon M. Mehlen, que le DCC est un véritable suppresseur de tumeur dans l’intestin en induisant le mécanisme d’apoptose, à savoir de suicide programmé des cellules cancéreuses.

L’expression du gène DCC est également déficiente dans d’autres cancers, comme ceux de la prostate, du sein, des ovaires et des testicules.

Ces travaux, publiés dans le magazine Nature, mèneront peut-être à la création de traitements qui réactivent la mort des cellules cancéreuses.

Déjà, des médicaments sont testés sur des modèles animaux. Des essais cliniques chez l’humain pourraient se dérouler d’ici trois ans. En 2011, La Société canadienne du cancer estime à 22 200 le nombre de personnes qui recevront un diagnostic de cancer colorectal et à 8900 le nombre de personnes qui en mourront. Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer, sans égard au sexe.


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Source: http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2011/12/15/003-cancer-colorectal-gene.shtml