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Prévention du cancer colorectal
Introduction
Le cancer colorectal (CCR) constitue un problème de santé publique majeur en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie. L’incidence de cette maladie est supérieure à 50 pour 100 000 habitants. On estime que 5 à 6% de la population générale présentera un cancer colorectal au cours de sa vie en Europe et aux Etats-Unis. En Suisse, on dénombre 4000 nouveaux cas par année et 1600 décès annuels dus au CCR.
En conséquence, un dépistage au niveau de la population à risque moyen et une surveillance des sujets à risque représentent une tâche très importante.1 L’article que nous vous proposons cette année actualise les différentes mesures à prendre pour faire face à cette pathologie très fréquente et mortelle pour presque 50% des personnes atteintes.
Prévention primaire du cancer colorectal
Pour les mesures de prévention telles que le régime alimentaire riche en fibres, la limitation de la consommation de viande rouge, de graisses animales et d’alcool, la supplémentation en antioxydants (vitamines A, C, E, bêta-carotène et sélénium), la prise de statines ou d’acide folique, l’évidence d’une diminution du risque relatif de carcinogenèse colorectale n’est pas prouvée. Les seuls agents de chémoprévention ayant montré une diminution significative de ce risque dans des études avec une bonne évidence sont : l’aspirine ; certains AINS (célécoxib, sulindac), le calcium associé à la vitamine D et la substitution hormonale. Concernant l’aspirine, des diminutions de l’ordre de 13 à 39% du risque relatif de carcinogenèse colorectale sont décrites.2-4 Les hypothèses avancées sont une augmentation de l’apoptose et une inhibition de la croissance cellulaire via la diminution du taux de prostaglandines. Son principal inconvénient est d’augmenter le risque d’hémorragie cérébrale. L’efficacité des inhibiteurs sélectifs des COX-2 semble meilleure comparée à celle des autres AINS chez des patients avec polypose familiale. Des diminutions du nombre et de la taille des polypes ont été constatées avec cette classe de molécules.5 Leur principal inconvénient est une toxicité sur le plan cardiovasculaire. Concernant le calcium et la vitamine D, des diminutions de l’ordre de 14 à 35% du risque relatif de carcinogenèse colorectale sont décrites au sein de la population générale.6,7 Le calcium lie les sels biliaires secondaires, lesquels sont capables de causer une croissance cellulaire accélérée au niveau de l’épithélium colorectal. Le calcium est aussi capable de réguler la prolifération, la différenciation et la mort cellulaire via une action directe sur la signalisation intracellulaire. La vitamine D est capable de moduler plus de 200 gènes impliqués notamment dans la régulation du cycle cellulaire, l’adhésion cellulaire, la réparation de l’ADN, l’angiogenèse et la réponse immunitaire. Concernant la supplémentation hormonale, des réductions jusqu’à 44% du risque relatif de carcinogenèse colorectale ont été décrites.8 Les œstrogènes sont capables de diminuer la production de sels biliaires secondaires en diminuant notamment les taux de l’insuline-like growth factor-1. Leur inconvénient est un risque augmenté de carcinogenèse du sein et une toxicité sur le plan cardiovasculaire.
A l’heure actuelle, aucune société de gastroentérologie des pays industrialisés n’a émis de recommandations pour la prophylaxie primaire du CCR, en grande partie à cause des effets secondaires potentiellement néfastes des agents reconnus efficaces.
Pour plus de détails...
http://rms.medhyg.ch/numero-307-page-1704.htm






