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Un hommage à mon mari, Bob Flemming

Par Donna Flemming

Le 25 avril 2003

Je partage cette histoire avec vous dans l’espoir que la douleur, la souffrance et le chagrin qui accompagnent le cancer colorectal puissent être diminués.

Il y a un an ce mois-ci que mon mari, Bob, est mort du cancer du côlon. Bob et moi avons élevé trois enfants et nous nous apprêtions à célébrer notre 35e anniversaire de mariage et notre vie de parents face au nid vide. Mais ce n’était dû pour arriver comme ça. Nous avons commencé notre famille tôt et nous avons probablement eu plus de bénédictions que beaucoup d’autres dans notre vie. Nous en espérions bien d’autres ; comme le petit-fils ou la petite-fille qui va s’ajouter à notre famille en septembre.

Nous n’avions pas entendu parler du cancer du côlon ou même du mot polype. Nous ne savions rien des symptômes possibles, des risques ou du simple test qui aurait pu épargner la vie de Bob ou au moins lui donner plus de temps. Bob n’avait que 53 ans, fort, en santé, et athlétique, quand il a reçu un diagnostic de cancer du côlon au stage IV. Nous avons été informés qu’il n’en avait probablement que pour 6 mois à vivre. Bob était très consciencieux en matière de sa santé. Il n’a jamais fumé, il n’avait pas de surpoids, il jouait à des sports de compétition et allait passer ses examens médicaux annuels.

La sensibilisation, la prévention et la détection précoce du cancer colorectal pourraient être aussi bien connues que celles du cancer du poumon, de la prostate, du sein et de la peau. Je pense que nous avons été complaisants en pensant que nous ne pouvions pas contracter le cancer parce que nous n’avions jamais fumé. Nous n’avions pas les connaissances nécessaire pour nous protéger nous-mêmes du cancer colorectal. On ne nous a pas demandé s’il y avait une histoire de cancer du côlon ou de polypes dans la famille ni un test de recherche de sang occulte dans les selles à l’âge de 50 ans.

En octobre 2001, Bob s’est rendu à l’urgence souffrant de douleurs abdominales sévères et de vomissements, pour découvrir une tumeur qui causait un blocage de son côlon et des taches sur ses ganglions lymphatiques et son foie. Il est passé en chirurgie pour enlever la tumeur en novembre. Il ne s’était pas sitôt rétabli de la chirurgie que le cancer revenait, et il a dû retourner à nouveau en chirurgie en janvier 2002. Il mourut seulement cinq mois et demi après le diagnostic.

Quand je me remémore ces quelque cinq dernières années, je me rappelle plusieurs symptômes suspects. Bob avait de fréquents malaises abdominaux qui pouvaient aller et venir, et il prenait simplement des tums, du alka-seltzer, maalox ou zantac pour se soulager. Bob mangeait ses pommes et ses céréales au son tous les jours pour garder sa régularité et éviter la constipation. Il commença à éviter les aliments épicés et de manger trop tard le soir pour éviter les dérangements d’estomac. Rien de cela semblait hors de l’ordinaire. Beaucoup de monde souffre occasionnellement de malaises abdominaux, de brûlements d’estomac et d’indigestion ou de gaz. Si ce n’est pas répandu, pourquoi y a-t-il tant de produits pour apporter un soulagement sur les tablettes des pharmacies et annoncés à la télévision ?

Avez-vous vu le commercial de télévision qui montre 3 hommes si contents que le maalox existe qu’il peuvent s’empiffrer de leur pizza et d’autre malbouffe à haute teneur de gras ? Les habitudes alimentaires de Bob n’étaient pas parfaites, mais il n’avait pas de surpoids, il avait pour devise « de tout, mais avec modération ». Il ne pensait pas qu’il était différent de tous les autres.

Comme beaucoup de Canadiens, nous mangions probablement trop d’aliments raffinés, transformés et frits, aux dépens de ne pas manger assez de fruits et légumes. Le Guide alimentaire canadien prescrit de 5 à 10 portions par jour ; comme le Canadien moyen, nous n’en mangions probablement que 3 ou 4 par jour. Si nous avions amélioré nos habitudes alimentaires, nous aurions peut-être diminué son risque de contracter le cancer.

Environ deux ans avant le diagnostic, un importante sonnette d’alerte s’est déclenchée, mais nous n’y avons pas répondu. Il avait une douleur abdominale aiguë qui a duré quelques jours puis disparut – il n’a jamais pensé le mentionner au médecin. Bob était très actif, mais il était devenu plus irritable et léthargique, ce dont nous jetions la responsabilité sur d’autres stress de nos vies.

Son inconfort abdominal général et ses maux de dos devinrent plus fréquents et récurrents, souvent pendant la nuit. L’estomac de Bob pouvait devenir dur et distendu, mais nous ne le reconnaissions pas. Il sentait des ballonnements, mais là encore nous ne le reconnaissions pas. Il se plaignait de se sentir trop plein après avoir mangé. Il sentait un besoin continuel d’aller à la selle. J’avais le sentiment que quelque chose n’allait pas et je savais que lui aussi, mais nous ne pouvions pas l’identifier.

Les symptômes existent bel et bien, mais ils sont subtils. L’inconfort abdominal récurrent de Bob, et ses douleurs, étaient des signes avant-coureurs d’un côlon en difficultés et auraient dû être portés à l’attention de son médecin. Ou bien Bob ignorait ses symptômes, ou bien il en rendait responsables beaucoup de causes différentes, dont les changements de la crise de la quarantaine. Même après le diagnostic, Bob niait avoir des symptômes. Rétrospectivement, les symptômes sont très évidents. Dommage de ne pas avoir su alors ce que je sais maintenant. Je ne peux pas expliquer et j’ai des regrets et je me demande encore aujourd’hui pourquoi nous n’avons pas pensé que ces symptômes n’étaient pas suffisants pour nous mener chez le médecin.

Bob faisait très attention à surveiller et maintenir sa santé. Sans la connaissance du cancer du côlon, nous avons laissé échapper les subtils petites douleurs et inconforts que nous pensions normaux. Nous ne savions pas qu’une amélioration de notre régime alimentaire pourrait réduire nos risques et nous n’avons pas fait faire de dépistage. J’ai perdu l’homme avec qui je partageais ma vie et j’espère que vous parlerez davantage du cancer colorectal avec votre médecin, votre famille, vos amis, vos voisins et vos collègues de travail.

Bob a affronté son cancer avec un courage étonnant et sans aigreur. Il voulait que tous ceux que nous connaissons fassent un dépistage pour le cancer du côlon. Je veux que son combat ait un sens, et c’est pourquoi je partage notre histoire avec vous. Je vous prie de vous arrêter et de penser aux risques, à la prévention, aux symptômes et au dépistage précoce du cancer colorectal. Parlez-en avec tous ceux que vous connaissez. Si vous avez 50 ans, la prochaine fois que vous verrez votre médecin, posez-lui des questions sur le dépistage du cancer colorectal.

Bob n’était pas une vedette, mais ses amis et sa famille aimaient son esprit plaisant, sa passion pour la musique et les sports et l’amour inconditionnel de sa famille. Il me manque tous les jours.

J’aimerais terminer en partageant ces quelques vers avec vous :

Le cancer est tellement limité
Il ne peut pas paralyser l’amour,
Il ne peut pas faire éclater l’espoir,
Il ne peut pas corroder la foi,
Il ne peut pas détruire la paix,
Il ne peut pas tuer l’amitié,
Il ne peut pas supprimer les souvenirs,
Il ne peut pas faire taire le courage,
Il ne peut pas envahir l’âme,
Il ne peut pas dérober la vie éternelle,
Il ne peut pas conquérir l’esprit.

Donna Flemming

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