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Le Journal de Neil Crone

Le Journal de Neil Crone

Neil Crone est un comédien et un écrivain et un porte-parole national pour l’ACCC. Improvisateur vétéran de Second City, hôte et monologuiste, Neil adore aussi écrire des poèmes et des histoires pour les enfants, “ petits et grands ”.

Neil a tenu un journal de son expérience du cancer colorectal.


Mon séjour à l’hôpital

Premier jour : Je me réveille dans la salle de réanimation. Je ne suis pas sûr de qui je suis, mais je calcule que je dois être un pilote de chasse dont l’avion s’est écrasé. Je porte un masque à oxygène. Quelqu’un me torture en enfonçant son talon dans ma vessie. Une voix, habilement déguisée comme amicale, me rassure en me disant que c’est seulement l’inconfort d’un cathéter que je ressens. « Correct, camarade », que je marmonne à travers mon tube à air, vous n’aller pas me sortir, M. Ho Chi Minh. Pas pour tout le thé au…

Soudainement je suis en mouvement. Des lumières clignotent au-dessus et je suis cogné et bousculé, comme on joue au poulet avec d’autres chariots, charrettes médicales et les murs. Il y a beaucoup de rires. Tous féminins. J’ai dû dire quelque chose de drôle. Je suis un m… rigolo.

On m’emmène à ma chambre. Les rideaux de séparation sont glissés vers l’arrière et il y a beaucoup de babillage et d’activité et de virage de leviers. « M. Cone, nous allons juste vous transférer à votre lit. Pouvez-vous nous aider ici ? » « Sûr, pas de problème, aussitôt que ce gorille va s’ôter de sur ma poitrine. »

Les infirmières vont et viennent, agréables et efficaces et gentilles et amusantes. Encourageantes et piquantes, et laissant toujours le triste paquet de douleur à se sentir plus humain que ce dont il doit sûrement avoir l’air. Et en-dessous de tout ça, la béate touche fraîche des êtres chers à travers la cuirasse brûlante de mon front.

Deuxième, troisième, quatrième jours (qui peut le dire encore, la morphine est arrivée)…

J’ai une pompe pour injection de morphine. Ça ressemble à un jouet. Le Pump’n Play de Fisher-Price. La morphine est mon amie. Je presse ma pompe et le gorille s’en va. Malheureusement, peu importe combien de fois je presse ma pompe, elle ne peut pas faire disparaître mon compagnon de chambre. Je l’appelle Lou, parce qu’il est cinglé. Je ne pense pas qu’il ait un gorille dans la poitrine. Il est bien trop actif pour ça. Mais je pense qu’il a un singe sur le dos. Lou fait des choses amusantes, comme d’arracher son intraveineuse pour pouvoir aller fumer. Il traite les infirmières de mauvais noms et jure contre lui-même toute la nuit. Il allume toutes les lumières, la nuit, et court aller-retour dans son fauteuil roulant, en accrochant le pied de mon lit à chaque passage. Lou est plus amusant que la télé. Mais je ne veux pas m’amuser. Je veux dormir. Le gorille veut s’amuser. Je ne dis rien à Lou. En partie parce que je suis un grand dadais imbibé de morphine, broché au titane, et en partie parce que je suis désolé pour lui. Mais alors, Lou franchit la limite. J’ouvre les yeux en panique, une nuit. Ça sonne comme s’il y avait du feu dans ma chambre. Je pousse un peu le gorille de côté pour pouvoir regarder autour. Ce que j’ai pris à tort pour le son des flammes, c’est un froissement de cellophane. Lou, nocturne comme un wombat, est au pied de mon lit à farfouiller dans mon panier de fruits. Je lui crie de s’en aller et j’appuie frénétiquement sur le bouton d’appel de l’infirmière comme un aîné en colère à un passage piéton. Les infirmières viennent. Lou les fait tout simplement chier. Peut-être qu’elles vont lui sortir le cathéter d’un coup sec, ou quelque chose. Je resterais réveillé pour voir ça. À la place, Lou est mis sous restreinte et on me déménage dans une chambre privée. Dommage, Lou, je sais que nous avons chacun de nous à nous occuper de nos propres primates personnels, mais que personne ne touche à mon panier de fruits.

suivant  Le rectum ? Ma foi il les a presque tués.

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