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Le Journal de Tom Philp

Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.


Un acronyme n’est pas la chose

par Tom Philp

Pour les lecteurs qui ont suivi cette série, et qui l’ont fait depuis que j’ai été diagnostiqué d’un cancer colorectal, l’idée de vous faire enlever une partie du côlon est probablement assez effrayante. Après tout, la plupart d’entre nous venons au monde avec tout le paquet, et avec toute l’intention de laisser ce paquet aussi intact que possible.

Je partage ces préoccupations, et j’ai des sentiments qui vont du choc au déni, en passant par la colère, pour finalement atteindre l’acceptation. Le cancer est ce qu’il est, de l’intestin ou autre, et on doit le traiter suivant les meilleures options possibles. Et pour la plupart d’entre nous à qui on a dit que nous avions une tumeur cancéreuse dans l’intestin, la chirurgie est la façon la plus commune… fréquemment la seule façon … de l’enlever.

Après m’en être sorti avec mes trois heures de résection de l’intestin et ma récupération à l’hôpital (avec seulement quelques complications mineures, en grande partie dues à une infection inexpliquée qui a été traitée avec efficacité avec des antibiotiques), on m’a renvoyé à la maison avec ces mots rassurants.

« Votre corps peut fonctionner tout à fait normalement, sans complications, même si on vous a enlevé plusieurs pieds de côlon », a dit le chirurgien que j’ai récemment élevé au rang de “meilleur de sa classe”. « La résection du côlon est conçue pour conserver au côlon sa forme tubulaire afin que les déchets puissent continuer à le traverser facilement. » « Les selles peuvent être irrégulières au début, et vous pourriez remarquer des changements dans leur grosseur et leur forme, mais ça aussi, ça va passer », m’a-t-il dit avec pas mal de légèreté, le sourire sur son visage indiquant bien clairement que le jeu de mots était voulu ! Ah, le BM. Le « BOWEL MOVEMENT » [les selles]. Le voyage à la salle du trône. Le constitutionnel quotidien. Disons juste que, du moment où je suis entré à l’hôpital (libre de déchets, pourrais-je ajouter, grâce à la purge préopératoire), jusqu’au matin où je l’ai quitté, onze jours plus tard, j’avais réussi seulement une de ces fonctions, et ce ne fut pas une expérience plaisante.

Une infirmière est venue à ma chambre pendant que j’étais penché prudemment sur la commode. « Êtes-vous en train de faire une selle, M. Philp », a-t-elle dit à travers la porte, avec beaucoup trop d’enthousiasme, si je me le rappelle. « Pourquoi, oui, et merci de partager ça avec moi », ai-je grogné en guise de réponse.

Il se trouve que les patients qui ont eu une chirurgie colorectale sont automatiquement sur une « surveillance des selles », et les infirmières sont constamment en train de humer l’air à la recherche de tout signe précurseur de succès. Apparemment, c’est une sorte de rite de passage.

Cette fonction corporelle, que nous préférons vivre tout à fait en privé devient, post-chirurgie, et quand nous sommes encore dans le service, un spectacle semi-public d’efficacité clinique, dont le résultat peut juste déterminer si vous obtenez votre carte “Rentrez chez vous libre” plus tôt que plus tard.

Si vous avez lu la chronique de la semaine dernière, vous allez savoir que j’ai eu mon laissez-passer pour rentrer chez moi, où j’ai un choix de facilités à visiter. Ce sont des salles avec vue, habituellement avec un choix de lecture et, ce qui est le plus important, de l’intimité.

Un acronyme n’est pas la chose Il m’a fallu près d’un mois de récupération à la maison avant que mes selles deviennent des « bowel movements » réels, reconnaissables. Comme l’a suggéré mon chirurgien, il y a eu des changements notables ; mais il y a au moins quelque chose qu’il faut remarquer. Je ne vais jamais prendre cette fonction pour acquis à nouveau.

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