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Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.
Assurez-vous de me prendre sous mon bon angle
par Tom Philp
Dans le développement de ma stratégie de lutte contre mon cancer colorectal, j’ai eu le privilège de me faire « photographier » les entrailles il y a une ou deux semaines à mon hôpital local. C’est une installation moderne, à peine deux ans d’âge, et je suis reconnaissant que quelqu’un ait eu la prévoyance et les ressources pour acheter ce qu’on appelle communément une unité CAT.
Le terme CAT scan est devenu d’usage assez commun dans notre vocabulaire moderne ; en pourtant peu d’entre nous ont l’occasion d’apprendre que ces machines sont beaucoup plus qu’une sorte de machine à rayons x raffinée. En fait, la tomodensitogrammétrie (Computed Axial Tomography : CAT) est une procédure de diagnostic qui utilise un équipement à rayons x spécial pour rechercher tout un ensemble de problèmes de santé qui, de l’avis de votre médecin, sont tapis en-dessous de votre peau.
L’ordinateur du CAT affiche des images en coupe prises pendant le balayage sous la forme d’images détaillées des organes, des os et autres tissus. J’ai enduré une procédure indolore, même si elle est plutôt inconfortable, qui visait á déterminer avec précision la taille et l’emplacement de la tumeur de mon côlon. La seule chose que j’ai demandée au technicien de faire quand je me suis étendu sur la table du CAT, c’était de s’assurer qu’il me prendrait sous mon bon angle !
Comme la plupart des Canadiens, je pensais que tous les cancers étaient de la même marque, jusqu’à ce que je reçoive mon propre diagnostic. Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, j’ai un adénocarcinome dans l’intestin. Le carcinome est un type de cancer qui commence habituellement dans les tissus qui tapissent ou couvrent les organes internes. Ce que j’ai appris ces quelques dernières semaines, c’est que les carcinomes sont une des nombreuses sortes principales de cancer, qui peuvent toutes vous tuer. Le dépistage précoce est la clé, d’où la récente colonoscopie et le récent CAT scan.
Parce que mon envahisseur particulier a choisi le côlon pour attaquer, on m’a ordonné de boire une ou deux bouteilles d’un liquide prescrit qui, je vous l’assure, ne fait pas partie du stock régulier de mon frigo. J’espère qu’il ne l’est pas chez vous non plus ; mais, au cas où vous ayez à passer un scan semblable, permettez-moi de vous dire ceci. La purgation de votre système digestif n’est pas la moitié aussi amusante que le regonflement de votre intestin qui se fait juste avant le scan !
J’ai déjà partagé une expérience d’insertion avec vous, alors disons donc que le même point d’accès sert pour vous gonfler au dioxyde de carbone (CO2) sous pression contrôlée jusqu’à ce que vous ressembliez à un ballon humain. Ça c’est la partie inconfortable, mais nécessaire pour que les images de vos tripes soient vraiment tridimensionnelles. La partie vraiment hilarante, c’est quand le technicien du CT m’a dit de me rouler sur l’autre côté ! J’ai quasiment flotté pour tourner. Oh, et ne vous inquiétez pas de tout ce CO2 ; votre corps en absorbe la plus grande quantité et vous l’expulsez naturellement.
Ce que le CAT scan a ultimement dit à mon chirurgien, c’est que le carcinome avait une longueur d’environ 19 millimètres, et qu’il n’y avait pas de signe que le cancer s’était répandu au-delà de la paroi de l’intestin. Youpi ! Ça lui a dit aussi que la tumeur était située dans mon côlon sigmoïde (essentiellement la dernière longueur de tuyau d’égout avant la vidange des ordures dans le rectum), et très proche de l’extrémité pelvienne du rectum. Pas si réjouissant que ça, maintenant.
Selon le Dr Basmajian, l’emplacement de cette tumeur rend la thérapie aux radiations pratiquement impossible à faire sans risquer d’endommager mon petit intestin, la vessie et la prostate. Son pronostic : chirurgie pour couper la section cancéreuse de l’intestin. Ma réaction : c’est vous le chirurgien, mais est-ce ça vous dérangerait que je demande une contre-expertise ?
Comme de bonne, les contre-expertises font partie du déroulement du cancer. Alors, armé de mon portefeuille d’images de CT et de la probabilité d’une chirurgie majeure à plutôt court terme, je m’en vais à mon centre régional du cancer la semaine prochaine pour voir ce que le deuxième docteur a à dire.
J’espère certainement qu’elle réalise qu’elle regarde mon meilleur angle !
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