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Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.
Le côlon géant créatif et intéressant
par Tom Philp
« Recroquevillé dans le rayon de soleil qui entrait en ruisselant par les fenêtres du plafond au plancher, il avait l’air d’un chien satisfait, sans poil, qui branlait son petit appendice caudal alors qu’il se détendait sur la moquette du salon. L’odeur caoutchouteuse et l’épaisse texture de vinyle, la palette de carnaval et les proportions gargantuesques me rappelaient aussi ces jeux de sautillement que j’avais coutume d’aimer sauter en chaussettes à attraper un contrecoup dans les foires d’été des terrains de stationnement. »
« En rougissant, je ne pouvais aussi pas m’empêcher de remarquer que ça avait beaucoup l’air de la chose que ça prétendait être—un côlon géant »
Ces mots ont été écrits dans une récente contribution à la version blogue de « The Void », ce que l’Université Concordia décrit elle-même comme « la collaboration la plus créative et intéressant entre artistes et écrivains ». Concordia est à Montréal, qui s’est justement trouvée à être le point de départ de la Tournée du côlon géant de cette année, une campagne de sensibilisation sur quatre villes menée par l’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC).
La “tournée” a commencé le 10 septembre de façon à coïncider avec le Congrès mondial de gastro-entérologie réuni au Palais des congrès de Montréal. À partir de là, la représentation la plus grande au monde d’un intestin humain typique est allée à Toronto, Calgary et Vancouver, accompagnée du personnel de l’ACCC et de centaines de bénévoles.
Les contraintes de temps et les ressources financières limitées de l’organisation ont forcé l’ACCC à limiter l’apparition du Côlon géant à quatre villes canadiennes pendant la tournée de 30 jours. Les organisateurs voulaient en faire plus… beaucoup plus.
« Nous aimerions beaucoup porter le côlon géant à chacune des communautés du Canada, mais nous n’avons tout simplement pas les moyens ou le personnel pour le faire », a déclaré Heidi Watts, porte-parole de l’ACCC. « Plus la population est sensibilisée au cancer colorectal, plus on va bien vouloir en parler, et plus de Canadiens seront testés pour cette maladie. »
Dessiné et construit pour l’ACCC par Dre Angelita Habr-Gama, chirurgienne colorectale brésilienne, ce modèle de 31 mètres est assez gros pour permettre aux visiteurs d’y passer et pour contenir des expositions “internes” qui ont pour but d’éduquer les visiteurs sur ce qui se passe à l’intérieur de leur côlon. Un modèle plus petit, de type où on rampe, fut élaboré en 2003 par Molly McMaster (www.thecolonclub.org), une jeune survivante américaine du cancer, qui s’en est servi pendant un parcours de 20 villes des États-Unis comme tribut à son amie, Amanda Roberts, qui avait perdu sa bataille contre le cancer colorectal à l’âge de 27 ans.
Au premier coup d’oeil, cela semble être une façon plutôt radicale, et même folle, de hisser le drapeau canadien du cancer colorectal assez haut pour qu’un nombre significatif de citoyens le remarque. Mais le cancer colorectal est un des “tueurs silencieux”, qu’on ne remarque souvent pas dans notre corps avant qu’il nous tue. C’est un sale travail qui va tuer un nombre estimé à 8 400 Canadiens d’ici la fin de décembre. C’est le tueur numéro 2 des cancers en ce pays, juste derrière le cancer du poumon.
Des circonstances radicales exigent des gestes radicaux, parfois fous, pour capter notre attention.
Selon Heidi Watts, la Tournée du Côlon géant a vu passer des milliers de gens curieux, des élèves de l’école élémentaire à des spécialistes médicaux, qui ont passé par la réplique de plastique rose. Des t-shirts ressemblant à ceux qu’on vend aux concerts de rock stars qui proclamaient Giant Colon Cancer dans le dos, avec l’adresse web de l’ACCC imprimée à l’avant (www.ccac-accc.ca), furent distribués sur une base de premier arrivé premier servi.
« Nous avions un budget de 100 t-shirts pour chaque ville, mais nous aurions pu facilement en donner quatre ou cinq fois autant », a dit Mme Watts.
Et, avec des niveaux de financement appropriés, un peu plus de personnel et une plus grande démonstration d’intérêt de la part de nos élus envers le niveau de gravité du cancer colorectal, l’ACCC aurait pu… en fait, devrait avoir… été en position de distribuer des t-shirts dans toutes les villes et cités qui possède encore un hôpital général viable, financé par les fonds publics.
On s’attend à ce qu’un Canadien sur 14 et une Canadienne sur 16 contractent un cancer colorectal pendant leur vie. Et peu importe que vous soyiez à Kamloops ou Kingston, à Yellowknife ou Yarmouth, les chiffrent restent les mêmes. Est-ce que les habitants de tous les coins de ce riche et beau pays ne devraient pas avoir l’occasion de se renseigner sur cette maladie mortelle directement, dans le confort de leur propre communauté, même au risque de faire quelque chose qui peut sembler stupide ?
Sans le bénéfice d’une stratégie nationale du cancer, quelque chose que notre gouvernement fédéral a jusqu’ici refusé d’appuyer, les combattants du cancer comme l’ACCC vont continuer à gratter et griffer pour obtenir des fonds d’éducation pendant que le cancer colorectal … qu’on considère traitable à 90 pour cent s’il est détecté tôt … continue à tuer nos familles et nos amis.
Il est sûrement passé temps que chaque niveau de gouvernement trouve une façon créative et intéressante de garder en vie la Tournée du Côlon géant, et des milliers de Canadiens.
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