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Le Journal de Tom Philp

Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.


C’est le moment pour Ottawa de payer le cor’museux du cancer

par Tom Philp

Si vous avez suivi cette série depuis le début, vous devez vous rappeler que je travaille pour un politicien fédéral. J’ai été absent du bureau depuis plusieurs mois, en convalescence d’une chirurgie du côlon qui m’a enlevé une tumeur cancéreuse de l’intestin.

La politique est devenue une priorité moindre dans ma vie, mais une question qui s’est présentée à notre Chambre des Communes de façon répétée continue à retenir mon attention. Malgré les hochements de tête et les sourires d’acceptation, les ententes scellées par des poignées de mains, même des promesses fermes d’appui venant d’une succession de ministres de la santé, le Canada manque encore d’une stratégie nationale pleinement financée pour le contrôle du cancer.

Ce n’est pas que le gouvernement fédéral ne soit pas au courant des taux croissants de cancer dans notre pays, ou qu’un nombre estimatif de 68 300 parmi les quelque 145 000 Canadiens diagnostiqués du cancer en 2005 vont mourir, ou que les spécialistes du cancer prédisent que le nombre des cas de cancer diagnostiqués chaque année vont grimper de 60 pour cent au cours de 20 prochaines années. La Société canadienne du cancer (SCC), l’Institut national du cancer du Canada (INCC), l’Association canadienne des organismes provinciaux de lutte contre le cancer (CAPCA), et autres groupes d’intérêts semblables concernant le cancer ont assez exprimé leur conviction concernant la nécessité d’une stratégie nationale sur le cancer.

« Pour faire des progrès dans la lutte contre le cancer, il faut un investissement beaucoup plus généreux de ressources que ce qu’un organisme de santé publique seul est en mesure de fournir », a déclaré la directrice de la SCC, Dre Barbara Whylie, citée dans l’édition de juin 2004 du Journal de l’Association médicale canadienne. Dre Whylie croit que le besoin d’une « stratégie nationale coordonnée » est urgent.

Le cancer, selon les estimés, aurait coûté à l’économie canadienne plus de 15 milliards de $ cette année, dont environ 12 milliards en coûts de productivité perdue, et il n’y a aucune volonté politique d’engager des sommes substantielles dans une stratégie nationale pour le combattre. Les ministres du cabinet fédéral semblent incapables de mesurer comment un investissement de 250 millions de $ pendant cinq ans (le montant que l’INCC, au nom de ses partenaires, a réclamé du Parlement) dans le contrôle du cancer se traduira par assez de votes locaux et régionaux pour les maintenir au pouvoir. Le cancer ne semble jamais arriver à l’ordre du jour lors de débats entre tous les candidats.

Malgré un aval de la demande, au début de 2004, de la Dre Carolyn Bennett, ministre d’État pour la santé publique en ce temps-là, et malgré les promesses du ministre actuel de la Santé, M. Dosanjh, avant le budget 2005 du gouvernement, qu’un montant initial de 24 millions de $ avait été « réservé » dans ce document comme une espèce de paiement initial sur la stratégie nationale, un consortium de la SCC, l’INCC, CAPCA et Santé Canada n’a réussi qu’à obtenir que 1,15 millions de $ de financement annuel pour coordonner le plan et établir les priorités.

Par comparaison, le contribuable canadien finance la stratégie nationale contre le SIDA au rythme de 42 millions de $ chaque année, et ce n’est probablement pas suffisant.

Quand il s’agit du cancer, notre gouvernement fédéral libéral semble vouloir bien volontiers payer une pitance pour recueillir des preuves et des conseils concernant une stratégie nationale pour combattre ce fléau, s’assit même à la table et hoche de la tête de façon agréable, et est également impatient d’ignorer l’information qu’il reçoit d’experts reconnus. Il va de soi qu’il ne s’agit pas seulement de l’argent !

Est-ce que 250 millions de $ pendant cinq ans, c’est trop demander pour faire de grands pas vers le contrôle du cancer au Canada ? Peut-être faut-il mettre ici les choses en perspective.

Il y a deux semaines, notre propre Office d’investissement du régime de pensions du Canada, avec des réserves de près de 92 milliards de $, a fait un engagement de 400 millions de $ au marché des valeurs et du capital de risque du Canada. Une compagnie américaine a investi 250 millions de $ l’an dernier pour aider Air Canada à « avancer son plan pour émerger de la protection de la loi sur les faillites ». À la fin de cette année, le Canada aura contribué 250 millions de $, sur trois ans, aux efforts de reconstruction en Afghanistan et à la démocratisation de ce pays.

En mai, les gouvernements de l’Alberta et du Canada ont engagé 250 millions de $ dans l’amélioration d’un segment de 15 kilomètres de « l’anneau circulaire » de Calgary, une voie d’évitement qui permet aux automobilistes de ne pas avoir à traverser au coeur de la ville.

Et ma préférée : Entre maintenant et la fin de janvier 2006, les contribuables canadiens dépenseront environ 250 millions de $ pour tenir une autre élection fédérale, un petit 18 mois après que nous nous soyons tapé le même montant pour un événement identique. Apparemment, c’est de l’argent bien dépensé !

Si nous ne sommes jamais pour parvenir à éliminer le cancer de ce pays, je pense à un bon endroit où on pourrait commencer.

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