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Le Journal de Tom Philp

Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.


Ne jouez pas les hommes : faites ce qu’il faut

par Tom Philp

J’avais le sentiment que les nouvelles ne seraient pas bonnes. C’est une de ces affaires de “tripes”, quand votre intuition s’embraye et vous essayez de vous préparer au pire.

Il y a quelques semaines, mon chirurgien a prononcé les mots que, malheureusement, beaucoup trop de simples mortels entendent à un moment donné de leur vie.

« Vous avez un cancer », a-t-il dit.

Plus spécifiquement, il a dit que la biopsie pratiquée sur les tissus enlevés de mon côlon la semaine précédente indiquait un adénocarcinome, une forme de cancer très répandue qui attaque les cellules de glandes sur la paroi du gros intestin. Selon la Société canadienne du cancer, l’adénocarcinome est également le tueur numéro deux dans le peloton du cancer. C’est probablement juste un jeu de chiffres, comme 95 pour cent des gens qui ont le cancer ont ce type. Mais bon, c’est inquiétant.

J’ai passé par une procédure d’investigation appelée colonoscopie. Mon chirurgien a maintenant commandé un tomodensitogramme (CT Scan) comme première étape. Cet exercice d’imagerie lui permettra de situer l’endroit exact et la grosseur de la tumeur, et de voir jusqu’où elle s’est répandue dans la paroi de mon intestin.

Les adénocarcinomes sont des cancers à croissance relativement lente, a-t-il dit, ce qui fait que j’ai ça en ma faveur. Après tout, il y a quelques bonnes nouvelles à trouver dans ce cauchemar.

La mauvaise nouvelle, c’est que la thérapie à la radiation est rarement indiquée quand une tumeur est située dans le côlon sigmoïde. La chirurgie est presque inévitable. Et ce n’est pas le type d’opération dans lequel même le Dr Basmajian, un des chirurgiens généralistes les plus habiles du Canada, s’embarque à la légère.

Selon le bon docteur, la résection de l’intestin à laquelle j’aurais à faire face prendrait de 3 à 4 heures à compléter, selon les complications. Mon cancer est situé « très haut » dans le côlon, très près de la prostate et de la vessie. Les effets postopératoires possibles, particulièrement pour le mâle de notre espèce, ne sont pas jolis.

Les statistiques médicales montrent qu’un nombre significatif d’hommes qui survivent à une opération de résection peuvent s’attendre à un ou à tous les cas permanents de panne érectile, de problèmes chroniques de vessie et à des défaillances sporadiques imprévisibles du contrôle du sphincter. Il est également presque certain que je porterais un sac de colostomie pour une durée pouvant aller jusqu’à six mois, afin de permettre à la résection de guérir. Tout ça, c’est de bien bonnes nouvelles de choix pour un homme qui a profité de sa vie sexuelle, qui n’a pas eu de problèmes de continence ou de constipation, et qui a réussi à atteindre sa mi-cinquantaine sans qu’on lui ait percé de trous supplémentaires dans le corps.

Mais encore, je veux bien porter des Depends, changer un sac de déchets et sacrifier une activité sexuelle régulière si les choses en viennent là. En faisant face à ma propre mortalité, je pense qu’il serait sage de ne pas laisser ces choses importantes venir nous embêter.

C’est la vie qui compte, et j’ai maintenant une grande occasion de récupérer la mienne parce que j’ai entendu quelqu’un qui a dit : « Ne sois pas un homme stupide. Fait ce qu’il faut ! »

La première fois que j’ai remarqué du sang dans mes selles, en janvier (hé là, il n’y a pas de belle façon de parler de ces choses-là), ma réaction a été de penser, ça, « ça va passer aussi ». Hé bien, j’avais raison. Chaque fois que je passais, il passait plus de sang. Du sang rouge vif. Pas un gros écoulement, mais c’était bien sûrement là. J’en suis venu à redouter ce voyage régulier à la bécosse.

Comme je suis un stupide mâle, je n’en ai rien dit à ma femme (encore moins à mon médecin de famille) pendant un bon trois mois. Peut-être que l’intuition était alors au travail, aussi, et que je savais que de partager la nouvelle du sang avec elle aurait pour effet de me faire administrer le sermon sur le « fais ce qu’il faut ». Alors j’ai décidé qu’il serait plus facile à ce point-là de voir mon omnipraticien que de souffrir le mauvais oeil de Linda.

Cette visite m’a conduit à une référence chez les chirurgien mentionné ci-dessus, et à une attente de deux mois pour passer une colonoscopie à l’hôpital local. Je vous en dirai plus sur la nature et l’importance de cette procédure dans une autre chronique ; mais, pour le moment, sachez seulement que c’est sans douleur et absolument nécessaire, et complètement couvert par mon régime provincial d’assurance santé.

Depuis ce temps, j’ai avalé un breuvage au baryum à saveur de cerise, j’ai eu mon CT Scan et j’ai eu une consultation de suivi avec mon chirurgien colorectal. Ce sont là des choses positives, et c’est là la seule attitude que j’entends avoir pour le temps que ça va durer.

Je vais vous en dire davantage sur les procédures médicales la prochaine fois.

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