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Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.
USI, mais y a-t-il quelqu’un pour me voir ?
par Tom Philp
Ayant récemment été hospitalisé pendant 10 jours pour, dans l’ordre, me faire enlever une tumeur cancéreuse du côlon, commencer ma récupération de l’unité des soins intensifs (USI), combattre une vilaine infection après avoir été transféré à un service de chirurgie, me rendre en fauteuil roulant jusqu’à la porte principale de l’hôpital, le dernier jour, j’en suis venu à tirer un certain nombre de conclusions concernant les hôpitaux.
J’aimerais partager deux de ces observations avec vous aujourd’hui. Il faut l’admettre, les articles d’opinion comme celui-ci ne sont que ça : le point de vue d’une personne sur la façon dont certaines parties du monde de l’auteur fonctionnent. Mais j’aimerais croire (et j’invite les lecteurs à me communiquer leurs réactions, soit dit en passant) que je ne suis pas le seul à conclure ce qui suit.
Observation numéro 1 : Les hôpitaux ne sont pas des lieux de plaisir où passer quelques jours, surtout sur le dos.
Observation numéro 2 : Même si les hôpitaux sont souvent l’endroit où nous allons, ou sommes envoyés, quand nous avons besoin d’attention médicale, ce ne sont pas des endroits où il faut être si vous êtes malades !
Entendez-moi bien. Je remercie le ciel que ma résection d’intestin se soit faite dans un théâtre d’opération stérile et pas sur ma table de cuisine, ou dans l’antichambre de l’hôtel local. Il ne s’est pas passé bien des décennies depuis que ces deux dernières options étaient plus réalistes que nous voulons bien le croire. Ma chirurgie a été presque « comme dans le manuel », selon le Dr Basmajian, et les installations opératoires et l’équipement modernes ont sans aucun doute contribué à cela.
J’ai reçu d’excellents soins à l’USI, même si ses infirmières m’ont traité de « sadique » alors que je continuais mon voyage aller-retour dans le monde de l’anesthésie. Je m’excuse d’avoir utilisé ce terme, spécialement envers les infirmières de l’USI, Crystal et Robyn, qui m’ont dispensé des soins professionnels en douceur, qui m’ont rassuré, et qui m’ont prodigué beaucoup de sourires et de rires pendant les quatre jours où j’ai été chez elles. Non, elles ont été à peine « méchantes et désagréables » quand elles m’ont tiré hors du lit quelques heures après ma chirurgie pour « vous faire démarrer le système » en marchant dans les corridors de l’USI.
C’était de la thérapie au travail, avec des blagues et de la bonne humeur, suivie par de longues périodes de sommeil. En, bien que le rire et l’amour soient importants pour guérir (consultez n’importe quel des livres du Dr. Bernie Siegel sur ces sujets), je n’ai pas eu de « plaisir » pendant mon séjour à l’hôpital. Cela s’est avéré particulièrement vrai quand j’ai quitté l’USI pour aller dans un service de chirurgie relativement impersonnel.
Une infirmière de l’USI m’a accompagné à pied vers ma chambre, l’après-midi de la cinquième journée. J’ai demandé qu’on me laisse assis dans une chaise latérale, parce que j’avais besoin d’une courte pause de ma routine à-plat-sur-le-dos. Et j’y suis resté, pendant plus d’une heure, sans que personne ne vienne me voir, vérifier mon pansement, mon intraveineuse ou autres cathéters, ou même pour savoir si j’étais prêt à me recoucher. Ce n’est pas avant que la même infirmière de l’USI qui m’avait amené à ma nouvelle chambre passe par hasard devant ma porte, et qu’elle me remarque assis exactement là où elle m’avait laissé, qu’on m’a aidé à me recoucher. Rendu là j’étais épuisé, j’avais mal, et j’avais besoin de l’attention que j’avais reçue dans l’USI.
Pour être juste, le service de chirurgie où on m’avait transféré manquait, et manque probablement encore, de personnel. Comme une infirmière me l’a dit, la paperasse lui bouffe une grande partie de son temps de travail, et, de nos jours, il y a peu d’infirmières à plein temps qui travaillent n’importe où dans les hôpitaux. Ça ne frise pas exactement la négligence des patients, mais le fait que moi, comme nouveau patient du service, sorti de chirurgie majeure depuis seulement quelques jours, je puisse être assis tout à fait à la vue d’un corridor d’hôpital bourdonnant d’activité sans qu’aucune infirmière ne me voie pendant une heure, n’a rien fait pour me remonter la confiance envers ce lieu de guérison.
Non, de mon point de vue, les hôpitaux ne sont pas un endroit où il faut être quand vous êtes malades ; et l’article de la semaine prochaine concernant l’infection que j’ai attrapée après avoir quitté l’USI ne pourra qu’illustrer ce point.
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