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Le Journal de Tom Philp

Tom Philp a écrit un journal intitulé « Don’t be a man : Do the right thing », une série continue concernant la vie avec un cancer selon le point de vue de Tom.
Ça vous dérangerait de faire attention ?, s’il vous plaît !
par Tom Philp
En voici un tout petit peu qui peut vous surprendre. La plupart d’entre ne nous savons pas écouter. Je suppose que je vais devoir répéter ça maintenant, parce qu’il se peut que vous ayez manqué le point de cette affirmation. Des études académiques et scientifiques, dont quelques-unes remontent au début du siècle dernier, montrent de façon conclusive que les gens n’entendent généralement que ce qu’ils veulent entendre. Cette réception sélective est particulièrement active quand nous sommes exposés à beaucoup de stress.
Cela m’a amené à la conclusion inévitable que combattre le cancer peut vous rendre sourd ! Les cancéreux comme moi, qui en sont aux premiers stages du développement d’une tumeur, ont tendance à n’entendre que les informations cliniques « bonnes » ou « positives » qui leur sont apportées. Et il y a un paquet d’informations qu’il nous faut internaliser de façon à mener ce combat de façon efficace.
La pré-op (consultation préopératoire) est un cours condensé en anatomie, en pharmacologie, en hygiène, en régime alimentaire, en gestion respiratoire et en physiothérapie, toutes des disciplines qui vont venir en jeu avant, pendant et après ma chirurgie imminente. Certains d’entre vous, ou peut-être quelqu’un que vous connaissez, vont passer par les même procédures dans la lutte contre le cancer colorectal, le cancer du sein, du poumon, de la prostate ou une gamme d’autres cancers. Il est impératifs que vous sachiez ce qui se passe ici.
Alors, comme Garde Arlene m’a dit jeudi dernier (voir ma chronique précédente sur les droits des patients pour en savoir plus sur Garde Arlene), « Ça vous dérangerait de faire attention ?, s’il vous plaît ! »
Les gens qui sont à la veille de conclure le contrat médical connu sous le nom de chirurgie doivent visiter quelques autres professionnels de leur hôpital avant de se faire amener sur des roulettes à la salle d’opération. Je vais supposer ici (toujours dangereux de supposer pour un rédacteur) que mon expérience de pré-op sera le miroir de la plupart de ce genre de visites un peu partout au Canada. Faire attention à ce que Garde Arlene vous dit pendant la pré-op fera toute la différence dans la façon dont vous allez approcher la chirurgie, et dans la vitesse avec laquelle vous allez vous en remettre.
Je ne voulais pas entendre que ma résection d’intestin pourrait avoir pour résultats une paralysie, des problèmes chroniques de vessie et de sphincter, ou même la mort, mais ce sont des réalités quand on se prépare à aller au le front dans une bataille. Les possibilités et les probabilités devaient être discutées. Pour moi, bien qu’il soit possible que quelque chose aille mal pendant la chirurgie, ce que j’ai entendu, c’est qu’il était extrêmement probable que tout irait tout à fait bien.
Arlene m’a présenté à mon anesthésiste, qui a expliqué comment il m’induirait dans un sommeil profond, sans douleur, pendant la chirurgie, et pourquoi je me réveillerais dans aux Soins intensifs (un meilleur rapport infirmières-patients après une chirurgie majeure). J’ai consenti à une péridurale (un anesthésique injecté dans l’espace dural entourant la moelle épinière qui insensibilise le bas du corps).
« De mon point de vue, c’est un opération tout à fait routinière », m’a dit Dr Sommeil.
« De mon point de vue », a dit le patient Philp, « les docteurs vont enlever une section cancéreuse de mon intestin après avoir fait une large incision dans mon abdomen, et j’ai diablement peur ! » Nous avons discuté ce que pensais être une déclaration plutôt cavalière sur mon état, jusqu’à ce que j’entende finalement ce qu’il essayait de dire.
« Ça va bien aller », a-t-il dit. « Vous allez vous en sortir très bien, et, on l’espère, libre de cancer. »
J’ai écouté un peu plus fort, et avec beaucoup moins d’anxiété, les autres membres de l’équipe pré-op.
Une pharmacienne a expliqué l’ACP (analgésie contrôlée par le patient) qui me permettra d’injecter une dose préétablie de morphine, par un tube intraveineux (IV), à la naissance de la douleur. Et j’ai entendu à quel point il était important que je pousse ce bouton longtemps avant que la douleur devienne intolérable. La « sergente » de la physio m’a fait faire des exercices de respiration profonde post-chirurgicale et de toux, qui sont nécessaires pour maximiser ma prise d’oxygène, pour guérir et pour expulser tout anesthésique général persistant. Elle m’a averti de me tenir un oreiller sur le ventre en toussant pour réduire la douleur et le stress sur la ligne de suture.
Oui, je suis encore inquiet concernant la chirurgie, mais c’est beau d’accepter ce que j’ai entendu et de savoir que je vais être entre bonnes mains.
« Fiez-vous à nous et ne jouez pas les héros », fut le message réconfortant que j’ai entendu. « Vous seriez seulement un casse-pied pour le personnel infirmier. »
suivant Pat, j’aimerais acheter un intestin, s’il vous plaît.
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