Le cancer colorectal occupe la troisième place parmi les cancers les plus répandus chez les Canadiens et frappe plus de 20 000 d’entre eux chaque année. Sur une échelle globale, l’Ontario compte le plus grand nombre de cas de cancer colorectal au monde. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut le guérir dans plus de 90 % des cas à condition de le découvrir à un stade précoce. Bref, le dépistage est essentiel à la survie.

Quel est le lien avec les maladies inflammatoires de l’intestin (MII)? Les personnes atteintes d’une MII courent plus de risques de développer un cancer colorectal, suivant le nombre d’années qu’elles vivent avec une MII.

Des études ont démontré que les probabilités qu’un individu développe un cancer colorectal après dix ans aux prises avec une MII sont de l’ordre de 2 %. Par la suite, le risque s’accroît pour atteindre jusqu’à 30 % après 30 ans. En d’autres mots, les risques augmentent avec l’âge.

Le risque accru de développer un cancer colorectal en vieillissant s’applique également à l’ensemble de la population générale. En fait, l’Association canadienne du cancer colorectal (ACCC) recommande que tous les Canadiens (hommes et femmes) âgés de 50 ans et plus se soumettent à un test de dépistage du cancer colorectal. L’ACCC recommande également aux personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal de se soumettre au test de dépistage plus tôt.

Le test de dépistage régulier est essentiel pour détecter ce type de cancer à un stade précoce. Encore une fois, nous n’insisterons jamais assez sur le fait que dépisté tôt, le cancer colorectal répond très bien aux traitements.

Le dépistage est particulièrement important pour les personnes touchées par une MII, parce que les signes avant-coureurs d’un cancer sont semblables aux symptômes de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse. Tandis que le commun des mortels pourrait s’inquiéter de déceler du sang dans ses selles, de noter des troubles du transit, d’alterner entre diarrhées et constipation, d’éprouver une sensation persistante de ballonnement et des crampes, les individus atteints d’une MII ne s’alarmeront pas de ces symptômes.

Qu’entend-on par « dépistage régulier »? On recommande à toute personne dont le côlon est touché par la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse depuis plus de dix ans, de subir une coloscopie une ou deux fois par année. Les tests tels que le lavement baryté à double contraste, la recherche de sang occulte dans les selles et la sigmoïdoscopie à sonde souple ne sont pas aussi précis que les tests au cours desquels on pratique une biopsie.

Même en se soumettant régulièrement au test de dépistage du cancer colorectal, il peut s’avérer difficile de le détecter chez les patients atteints d’une MII. Malgré cela, il vaut mieux pour vous de profiter de l’occasion de subir le test de dépistage plutôt que de rester assis et d’espérer que tout aille bien. Menez une lutte bien informée!

Toute personne souffrant d’une MII doit essentiellement être en mesure de gérer les risques liés à sa maladie avec le soutien de son gastro-entérologue. Les individus aux prises avec la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse depuis plus de dix ans sont plus à risque de développer un cancer colorectal. Il n’en demeure pas moins, que vous devez parler des tests de dépistage avec votre médecin. Le message est clair : « Agissez; informez-vous et passez le test de dépistage. »


Source: Fondation canadienne des maladies inflammatoires de l’intestin