Le dépistage consiste en la recherche de sang occulte dans les selles. Si la présence de sang est détectée, les patients doivent subir une colonoscopie.

Dès l’automne, Québec lancera un projet-pilote dans cinq hôpitaux de la province afin de tester la possibilité de lancer un programme de dépistage systématique du cancer colorectal à la grandeur de la province, a appris La Presse.

La semaine dernière, le ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) a lancé un appel d’intentions aux établissements de santé du Québec. «Nous cherchons des cliniques participantes qui mèneront un projet-pilote afin de mieux encadrer notre volonté d’aller de l’avant avec un programme de dépistage systématique du cancer colorectal», confirme Karine Rivard, l’attachée de presse du ministre de la Santé, Yves Bolduc.

«Deux hôpitaux des grands centres, deux des régions mitoyennes et un de région plus éloignée participeront au projet. Ils utiliseront les mêmes normes de dépistage que si l’on appliquait un programme de dépistage universel», résume le président de l’Association des gastroentérologues du Québec, le Dr Victor Plourde, qui se réjouit de l’initiative.

Un Québécois sur 17 sera atteint de cancer colorectal durant sa vie. Ce cancer est au deuxième rang des plus mortels en Amérique du Nord. Chaque année, 9100 Canadiens en meurent, dont 2100 Québécois. Depuis des années, plusieurs gastroentérologues de la province militaient pour qu’un programme de dépistage systématique soit implanté chez les personnes âgées de 50 à 74 ans.

Québec avait promis dès 2007 d’implanter un tel programme. Même si elle précise que le projet est encore au stade «embryonnaire», Mme Rivard assure que le ministre Bolduc veut maintenant aller de l’avant.

L’Ontario et plusieurs pays européens ont déjà adopté une telle mesure. Le dépistage consiste en la recherche de sang occulte dans les selles. Si la présence de sang est détectée, les patients doivent subir une colonoscopie.

De récentes études montrent qu’un programme de dépistage universel du cancer colorectal peut faire baisser le taux de mortalité de 40%. «Quand on fait les examens appropriés, le cancer colorectal est un des plus faciles à détecter et à prévenir», explique le Dr Plourde.

Régler les détails

Dans une étude intitulée Pertinence et faisabilité d’un programme de dépistage du cancer colorectal au Québec, publiée en juin 2009, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) affirmait que les bénéfices d’un tel programme sont grands, mais que les défis sont tout aussi importants.

Avant de mettre en place un tel programme, l’INSPQ recommandait que «l’accessibilité à des examens de coloscopie soit régie par la mise en place de normes cliniques, de qualité et de performance».

«Le Dr Alan Barqun et le Dr Gilles Jobin ont élaboré ces règles. Tout est prêt. Avec le projet-pilote, on va vite voir les problèmes potentiels à régler avant de lancer le programme universel», note le Dr Plourde.

Actuellement, les délais d’attente pour subir une colonoscopie peuvent aller jusqu’à un an dans certaines régions du Québec. Avec l’arrivée d’un programme de dépistage systématique, l’attente pourrait exploser. Mais le Dr Plourde affirme que déjà pour le projet-pilote, des ressources supplémentaires seront accordées aux hôpitaux participants. Les établissements intéressés à prendre part au projet-pilote ont jusqu’au 16 juillet pour se manifester.


Source: cyberpresse.ca